L’ancien ministre de la Culture Jack Lang bénéficie depuis ce lundi d’une protection policière, en raison de menaces proférées à son encontre sur les réseaux sociaux, a indiqué une source proche du dossier, confirmant une information révélée par Marianne. Cette mesure, décidée par le ministère de l’Intérieur, est à ce stade provisoire.
Cette décision intervient dans un contexte de fortes tensions médiatiques et numériques autour de Jack Lang, après la publication de nouveaux documents liés à l’affaire Jeffrey Epstein. L’ancien ministre, figure emblématique des gouvernements de François Mitterrand, est mis en cause pour ses liens passés avec le financier américain, retrouvé mort en prison en 2019 alors qu’il était poursuivi pour crimes sexuels.
Selon des éléments issus de correspondances exhumées dans le cadre de procédures américaines, le nom de Jack Lang apparaîtrait à de très nombreuses reprises dans les échanges de Jeffrey Epstein. L’ancien ministre a reconnu avoir fréquenté ce dernier dans un cadre relationnel et culturel, tout en affirmant n’avoir jamais eu connaissance de ses activités criminelles. Il a réitéré samedi son innocence, évoquant sa « naïveté » quant à la personnalité réelle du milliardaire.
Sous pression, Jack Lang a présenté samedi sa démission de la présidence de l’Institut du monde arabe (IMA), fonction qu’il occupait depuis 2013. Cette décision est intervenue après l’ouverture d’une enquête préliminaire par le parquet national financier (PNF), visant Jack Lang et sa fille Caroline Lang pour des faits qualifiés de « blanchiment de fraude fiscale aggravée », à la suite de révélations publiées par Mediapart. Le média fait état de liens financiers et d’intérêts économiques communs entre la famille Lang et Jeffrey Epstein, éléments désormais examinés par la justice.
Réagissant à l’ouverture de cette enquête, Jack Lang avait déclaré se « réjouir que la justice se saisisse de ce dossier », affirmant sa volonté de coopérer pleinement avec les autorités judiciaires.
Interrogé lundi, le président de la République Emmanuel Macron a estimé que l’affaire Epstein concernait « surtout les États-Unis », appelant à laisser la justice faire son travail « de manière indépendante et dans le calme ». Le chef de l’État a rappelé que Jeffrey Epstein avait mis en place « un système très large », justifiant des investigations approfondies, sans commenter directement la situation personnelle de Jack Lang.
