La porte-parole du gouvernement, Maud Brégeon, a déclaré mercredi à l’issue du Conseil des ministres que l’exécutif « encourage les femmes qui auraient été victimes à parler et à se tourner vers la justice ». Elle a ajouté que celle-ci devait « faire son travail » dans le respect du fonctionnement des institutions.
« Notre position est très claire, bien sûr toute la lumière doit être faite sur cette affaire effroyable et tentaculaire », a affirmé Maud Brégeon à l’Élysée. Elle a également précisé que « ce n’est pas au gouvernement ou à la presse de mener des enquêtes, dans le fonctionnement de la République française telle qu’on la connaît, c’est à la justice ».
Interrogée sur la situation d’un diplomate français mentionné dans les fichiers liés à Jeffrey Epstein, la porte-parole a indiqué que « le Quai d’Orsay a réagi immédiatement ». Elle a dit partager « chacun des mots » du ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, qui avait exprimé son indignation après les révélations.
Selon Mediapart et Radio France, le diplomate Fabrice Aidan a échangé des courriels pendant plusieurs années avec Jeffrey Epstein, homme d’affaires américain condamné pour infractions sexuelles et décédé en détention en 2019. D’après ces médias, il lui aurait transmis des informations diplomatiques et facilité certains contacts à l’international. Les autorités françaises n’ont pas détaillé à ce stade les suites administratives ou judiciaires éventuelles.
L’affaire a également eu des répercussions en France. L’ancien ministre Jack Lang a quitté la présidence de l’Institut du monde arabe, tandis que sa fille Caroline Lang a démissionné de la présidence d’un syndicat de producteurs de cinéma. Le parquet national financier a ouvert une enquête concernant des liens d’intérêt financier avec Jeffrey Epstein, selon plusieurs médias.
Lundi, Emmanuel Macron a estimé que si « des personnalités françaises sont citées », la justice devait « faire son travail », ajoutant que l’affaire « concerne surtout les États-Unis d’Amérique ». Le chef de l’État a déclaré ne pas vouloir « prendre part à un débat public sur ce sujet », rappelant que la priorité devait aller à la défense des victimes et à l’action de la justice.
107 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint.
Source : données consolidées 2024
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