lundi 16 mars 2026
Affaire Epstein Laurent Nuñez saisit la justice après des messages antisémites publiés sur X

Affaire Epstein : Laurent Nuñez saisit la justice après des messages antisémites publiés sur X

par Rédaction Figures Publiques
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Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a saisi lundi la justice après la publication sur le réseau social X de plusieurs messages à caractère antisémite et complotiste en lien avec l’affaire Jeffrey Epstein, a appris l’AFP de source proche du dossier. Un signalement a été adressé à la procureure de la République de Paris, Laure Beccuau.

Parmi les publications visées figure un message diffusé par le compte « Alain Soral Officiel ». L’idéologue d’extrême droite y relaie une thèse conspirationniste, affirmant l’existence d’une prétendue « mafia juive » à la tête du monde occidental, liant de manière globale et essentialisante criminalité financière, violences sexuelles et appartenance religieuse. Un second message, publié en réponse par un autre compte, était accompagné d’une image portant la mention « Pas de pitié » et visant explicitement le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF).

Ces publications interviennent dans un contexte de regain de discours complotistes depuis la mise en ligne, fin janvier, de plusieurs millions de documents judiciaires américains liés à l’affaire Epstein. Le dossier, en raison de la présence de personnalités influentes, de flux financiers internationaux et de crimes sexuels, alimente depuis de nombreuses années des interprétations détournées et des récits idéologiques, régulièrement exploités par des milieux extrémistes.

Interrogé par Le Parisien le 7 février, le politologue Julien Giry, maître de conférences à l’université de Tours, soulignait que l’affaire Epstein réunissait « tous les ingrédients d’un cocktail conspirationniste », propice à la résurgence de thèses antisémites et de récits accusatoires globaux, déconnectés des faits judiciaires établis.

L’historique de l’affaire Epstein a en effet été marqué par de nombreuses spéculations, notamment autour de la mort du financier américain en 2019 dans sa cellule à New York, alors qu’il était poursuivi pour crimes sexuels. Les autorités américaines avaient conclu à un suicide, une version régulièrement contestée dans les sphères complotistes.

Sur le plan judiciaire, les développements se poursuivent aux États-Unis. Lundi, Ghislaine Maxwell, condamnée pour son rôle dans le réseau criminel de Jeffrey Epstein, a refusé de répondre aux questions d’une commission de la Chambre des représentants. Elle s’est néanmoins déclarée disposée à témoigner en échange d’une grâce présidentielle, une hypothèse à ce stade hypothétique.

Parallèlement, des parlementaires américains, républicains comme démocrates, ont commencé à consulter les documents non occultés mis à disposition par le ministère de la Justice, après en avoir été informés officiellement. Ces consultations s’effectuent sur place, sur des postes sécurisés.

En France, les répercussions politiques et institutionnelles de l’affaire se font également sentir. Plusieurs responsables ont été contraints de se retirer de leurs fonctions. Jack Lang a ainsi annoncé sa démission de la présidence de l’Institut du monde arabe, poste qu’il occupait depuis 2013, après l’ouverture d’une enquête préliminaire par le parquet national financier.

La saisine de la justice par le ministre de l’Intérieur s’inscrit dans le cadre de la lutte contre l’antisémitisme et les discours de haine en ligne, alors que les autorités observent une recrudescence des signalements liés à l’exploitation idéologique de faits judiciaires internationaux.

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