vendredi 20 mars 2026
La French Tech recense 18 000 startups et 450 000 emplois directs

La French Tech recense 18 000 startups et 450 000 emplois directs

par Rédaction Figures Publiques
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Pour la première fois, la mission French Tech dévoile une étude globale sur les startups françaises : 18 000 jeunes pousses identifiées, 450 000 emplois directs, et une forte concentration des levées de fonds en Île-de-France malgré un dynamisme régional marqué.

Douze ans après sa création, la mission French Tech, structure rattachée au ministère de l’Économie, publie sa première étude exhaustive sur la réalité économique des startups françaises. L’objectif : dresser une cartographie à l’instant T de l’écosystème, mesurer son poids en emplois et en innovation, et identifier les déséquilibres territoriaux. Selon cette étude, la France compte aujourd’hui 18 000 startups actives, représentant 450 000 emplois directs. Parmi elles, environ 45 000 postes relèvent des entreprises figurant dans les programmes d’excellence French Tech 120 et Next 40. Le secteur du logiciel reste la locomotive du mouvement (31 % des startups), suivi de la greentech (11 %) et des startups industrielles (9 %). L’analyse a retenu uniquement les sociétés innovantes, créées après 2007, toujours actives et comptant moins de 1 000 salariés.

Des pôles régionaux en expansion

Plus d’une startup sur deux est désormais implantée hors Île-de-France. Les régions Auvergne-Rhône-Alpes, Occitanie, Provence-Alpes-Côte d’Azur et Nouvelle-Aquitaine concentrent la majorité des jeunes pousses régionales. Chacune s’affirme comme un hub technologique à part entière :

  • Occitanie se distingue dans le spatial,
  • Nouvelle-Aquitaine dans la santé,
  • PACA dans l’énergie,
  • Auvergne-Rhône-Alpes dans les technologies industrielles et les services numériques.

Cette répartition crée un effet d’entraînement vertueux : les entreprises locales attirent talents, laboratoires et investisseurs, renforçant la densité du tissu entrepreneurial hors de la région parisienne.

Levées de fonds : un déséquilibre persistant

Malgré cette vitalité régionale, les levées de fonds restent concentrées en Île-de-France, qui capte 47 % des opérations. Dans le secteur de l’intelligence artificielle, la disparité est encore plus marquée : seuls 7 % des investissements bénéficient aux startups situées hors de la région capitale, alors qu’elles représentent près de la moitié des entreprises du secteur. « Il faut rectifier le tir », déplore Julie Huguet, directrice de la mission French Tech, rappelant que les pôles d’excellence existent partout : SequoIA à Rennes, MIAI à Grenoble, ANITI à Toulouse, 3IA Côte d’Azur ou Enact en Lorraine. Ces clusters réunissent laboratoires, grandes écoles et filières industrielles, du master IA de Rennes à celui de Bordeaux, en passant par l’ENS Paris-Saclay.

Autre contraste : si une opération d’amorçage sur deux se déroule en région, les levées de fonds plus importantes, à partir de la série C, se réalisent aux deux tiers à Paris.

Les grands groupes à la recherche de nouvelles synergies

Les fonds de capital-risque (VC) français ont levé 24 milliards d’euros depuis janvier 2025, selon la mission French Tech, via 85 véhicules d’investissement. Les montants se concentrent sur trois domaines : intelligence artificielle, greentech et santé.
Parmi les principaux closings de l’année figurent Quadrille Capital, EDF Pulse Venture et Shift4good, avec des enveloppes respectives de 500, 300 et 220 millions d’euros.
L’étude souligne également la volonté d’intensifier les partenariats entre startups et grands groupes : les collaborations entre entreprises du CAC 40 et jeunes pousses ont été multipliées par dix en quatre ans, signe d’un écosystème plus connecté.

Des rachats encore trop rares

Les exits, c’est-à-dire les rachats de startups par des grands groupes restent en net recul. Le nombre d’opérations aurait été divisé par deux entre 2022 et 2024, selon le baromètre d’Avolta Partners. Cette contraction freine la rotation du capital : les investisseurs, souvent présents dès les débuts, peinent à récupérer leurs mises pour financer de nouveaux projets. « Il faut qu’il y ait plus d’exits de la part des grandes entreprises. Elles ont eu tendance à intégrer trop tôt les startups. Avec des valorisations plus cohérentes, elles sont aujourd’hui plus prêtes à travailler sur ce sujet », observe Julie Huguet.

Une photographie utile pour la politique d’innovation

Ce premier panorama de la mission French Tech dresse un constat contrasté : un maillage territorial qui s’étend, des talents de plus en plus nombreux, mais un financement encore centralisé à Paris. L’étude servira désormais de base à la définition de nouvelles politiques publiques d’accompagnement, notamment sur la redistribution des financements et le renforcement des écosystèmes régionaux.

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