Le 24 février 2026, la préfète de la Loire s’est rendue au Salon international de l’agriculture, à l’invitation de Rémi Jousserand, président de la Chambre d’agriculture de la Loire. Accompagnée des représentants des filières agricoles ligériennes, elle a échangé avec les acteurs clés du secteur sur des sujets majeurs : la rémunération des éleveurs laitiers, la crise de la dermatose nodulaire contagieuse, la gestion de l’eau et la valorisation des produits d’appellation d’origine protégée (AOP).
La journée a débuté par une rencontre avec Jean-Michel Javelle, président de Sodiaal, première coopérative laitière française. Les échanges ont porté sur deux défis majeurs : assurer une rémunération équitable pour les éleveurs et favoriser l’installation des jeunes dans des métiers de plus en plus techniques. Les producteurs laitiers ont réitéré leurs demandes, notamment l’application stricte de la loi EGALIM, une simplification des démarches administratives et un accès facilité aux fonds européens pour moderniser les outils de production. Ces enjeux sont cruciaux pour maintenir la compétitivité de la filière laitière française, confrontée à une concurrence internationale accrue et à des coûts de production en hausse.
Un autre temps fort de la journée a été l’échange avec Philippe Dumas, président du groupe SICAREV, qui regroupe 7 500 éleveurs spécialisés dans l’abattage et la transformation de la viande. La discussion a mis en lumière les conséquences persistantes de la crise de la dermatose nodulaire contagieuse, qui a perturbé les circuits commerciaux et engendré des surcoûts logistiques importants. Parmi les priorités évoquées : la visibilité sur la vaccination des bêtes dès trois mois et la dématérialisation des passeports, des mesures essentielles pour fluidifier les échanges et sécuriser la filière. Philippe Dumas a également souligné la nécessité de retrouver des outils efficaces pour relancer le commerce des animaux, après une période de forte perturbation.
La préfète a également rencontré le président du Centre national interprofessionnel de l’économie laitière (CNiel) pour aborder un enjeu emblématique de la Loire : la production de lait cru, un savoir-faire français qui contribue à la renommée des AOP locales, comme la Fourme de Montbrison et la Rigotte de Condrieu. Le CNiel a insisté sur la nécessité de renforcer la traçabilité de l’origine du lait, à l’instar de ce qui existe déjà pour la viande, et de garantir l’application de la loi EGALIM pour protéger les producteurs et les consommateurs. Ces mesures sont jugées indispensables pour préserver la qualité et la réputation des produits laitiers français, face à une demande croissante de transparence et de sécurité alimentaire.
La gestion de l’eau a également été au cœur des discussions. La préfète a échangé avec le directeur de l’Agence de l’eau Loire-Bretagne sur la feuille de route régionale pour l’eau, l’avancement du schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux (SDAGE) et les enjeux de gouvernance de l’irrigation. Ces sujets sont particulièrement sensibles dans un contexte de réchauffement climatique et de restrictions croissantes sur les ressources en eau. Les zones vulnérables aux nitrates et les projets d’ouvrages hydrauliques ont également été abordés avec Jean-Luc Perrin, président de la FDSEA Loire, afin de concilier les besoins agricoles et la préservation des écosystèmes.
En fin de journée, la préfète a participé à l’inauguration du stand de la Chambre d’agriculture de la Loire, un moment de convivialité partagé avec les producteurs ligériens présents à Paris. Ce rendez-vous annuel, emblématique pour l’agriculture française, a permis de mettre en valeur les produits phares du département, comme les fromages AOP et les vins, tout en réaffirmant l’engagement des acteurs locaux pour une agriculture durable et compétitive.
