Son siège à l’Assemblée nationale est resté vide ce mardi 17 février. Raphaël Arnault, député La France insoumise (LFI) du Vaucluse et cofondateur de la Jeune Garde, le mouvement antifasciste dissous en 2025, est au cœur d’une tempête politique depuis la mort du militant d’extrême droite Quentin Deranque, 23 ans, décédé samedi 14 février des suites d’un tabassage en marge d’une conférence de l’eurodéputée LFI Rima Hassan à Sciences Po Lyon. Parmi les onze personnes interpellées depuis lundi, trois sont des proches de Raphaël Arnault : deux de ses collaborateurs parlementaires, Jacques-Elie Favrot et Robin Chalendard (alias « Robin Michel »), ainsi qu’un militant historique de la Jeune Garde. « La France insoumise doit faire le ménage dans ses rangs », a exigé ce mercredi la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, appelant à l’exclusion temporaire du député.
« On ne peut pas exclure Raphaël Arnault sur des soupçons »
Jacques-Elie Favrot, 28 ans, assistant parlementaire de Raphaël Arnault, a été le premier interpellé mardi matin en Isère, à une vingtaine de kilomètres au sud de Lyon. Son avocat, Me Bertrand Sayn, a confirmé qu’il reconnaissait « sa présence sur les lieux » et « la commission de violences » contre Quentin Deranque, mais nie être l’auteur des coups mortels. « Il a adopté une conduite digne », a insisté l’avocat, alors que son client a été placé en garde à vue pour « violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner »
Robin Chalendard, 26 ans, embauché sous le pseudonyme de « Robin Michel » comme collaborateur parlementaire, a lui aussi été interpellé mardi pour « mise à disposition de moyens pour se soustraire aux recherches ». Selon le parquet de Lyon, les deux hommes figuraient parmi les six suspects identifiés comme ayant directement participé au tabassage de Quentin Deranque, jeudi soir, en marge d’un meeting de Rima Hassan.
Face à la pression politique, Raphaël Arnault a annoncé mardi soir avoir « engagé les procédures pour mettre fin au contrat » de Jacques-Elie Favrot, tout en refusant de démissionner ou de quitter le groupe LFI. « À l’enquête désormais de déterminer les responsabilités », a-t-il écrit sur X, alors que la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet (Renaissance), a suspendu les droits d’accès des deux collaborateurs au Palais-Bourbon.
« On ne peut pas exclure Raphaël Arnault sur des soupçons », a tempéré Mathilde Panot, cheffe des députés LFI, tout en condamnant « les violences inacceptables » qui ont coûté la vie à Quentin Deranque. Mais pour le RN, dont le président Jordan Bardella a accusé Jean-Luc Mélenchon d’avoir « ouvert les portes de l’Assemblée nationale à des meurtriers présumés », la ligne est claire : « La Jeune Garde tue, et La France insoumise devrait le condamner », a martelé le ministre de la Justice, Gérald Darmanin.
