Les États-Unis exercent désormais une pression politique et militaire directe sur le Venezuela après la capture du président vénézuélien Nicolás Maduro au début du mois de janvier. Cette opération, conduite par les forces américaines à Caracas le 3 janvier, a suscité de vives réactions internationales et un débat sur la légalité de l’intervention.
Le président américain Donald Trump a déclaré que les États-Unis “seront aux commandes” du pays sud-américain jusqu’à une transition qu’il décrit comme “sûre, appropriée et judicieuse”. Il a également indiqué que Washington envisage de maintenir son implication dans la gestion du Venezuela au-delà d’un an, notamment pour superviser les infrastructures pétrolières et la reconstruction du pays.
Nicolás Maduro, arrêté lors de cette opération, est poursuivi aux États-Unis pour des chefs d’accusation liés au narcotrafic et à des violations présumées des lois américaines. Il a plaidé non coupable devant une cour fédérale de Manhattan et a dénoncé son arrestation comme un “enlèvement”.
Sur le plan interne, Delcy Rodríguez, ancienne bras droit de Maduro, a été assermentée comme présidente par intérim à Caracas. Sur les chaînes de télévision vénézuéliennes, elle a appelé à la restitution de Maduro et affirmé rester ouverte au dialogue diplomatique, tout en réaffirmant sa légitimité à diriger le pays.
Débat international et réaction française
À l’ONU, un débat sur la légitimité de l’intervention américaine est en cours, avec des voix exprimant des critiques pour violation du droit international et d’autres soulignant les risques de déstabilisation régionale.
En France, Emmanuel Macron a affirmé en Conseil des ministres que la méthode employée “n’était ni soutenue ni approuvée” par Paris et que la France défend le respect du droit international et la liberté des peuples.
Ce week-end à Paris, un rassemblement organisé par Jean‑Luc Mélenchon a appelé à la libération immédiate de Nicolas Maduro et de son épouse, dénonçant ce qu’il qualifie d’« enlèvement illégal » et de « violation de la souveraineté d’un État indépendant ». Mélenchon a également évoqué la nécessité de défendre le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et de condamner toute ingérence unilatérale.
Renforcement des tensions régionales
Les craintes d’une extension de l’instabilité régionale ont été accentuées par des déclarations de Donald Trump évoquant d’autres interventions potentielles en Amérique latine, y compris contre des pays comme la Colombie et Cuba, bien que Washington maintienne qu’il ne s’agit pas d’une guerre généralisée.
À Cúcuta, à la frontière avec le Venezuela, les autorités colombiennes ont renforcé l’état de vigilance militaire, avec un déploiement accru de personnel et de matériel militaire pour prévenir toute incidence directe sur la souveraineté nationale.
