Liste des candidats pour la campagne de Paris :
| Écologie | déclaré | |
| Horizons | déclaré | |
| Parti Anticapitaliste | déclaré | |
| NPP | déclaré | |
| LR | déclaré | |
| PS | déclaré | |
| Reconquête ! | déclaré | |
| RN | déclaré | |
| LO | déclaré |
À l’approche des municipales, la capitale s’apprête à vivre un tournant historique. Entre une réforme du mode de scrutin et un paysage politique en miettes, le futur locataire de l’Hôtel de Ville pourrait bien se retrouver à la tête d’une ville ingouvernable.
C’est une petite phrase glissée dans les couloirs de l’Hôtel de Ville qui résume l’angoisse des états-majors : « En 2026, gagner ne suffira plus. » Jusqu’ici, l’élection à Paris était une mécanique de précision, presque prévisible. Le système dit « PLM » (Paris-Lyon-Marseille) permettait, via une prime majoritaire élevée, de dégager des majorités solides au Conseil de Paris. Mais ce monde-là appartient au passé. La loi du 11 août 2025 a dynamité les règles du jeu.
La fin de la « prime à la stabilité »
Le changement est technique, mais ses conséquences sont politiques. Désormais, les conseillers de Paris sont désormais élus sur une circonscription unique à l’échelle de la ville. Surtout, la « prime majoritaire », ce bonus de sièges offert au vainqueur pour lui assurer de gouverner, a été divisée par deux, passant de 50 % à 25 %.
Le chiffre clé : Sur les 163 sièges que compte le Conseil de Paris, il en faut 82 pour obtenir la majorité absolue. Avec le nouveau calcul, une liste récoltant 35 % des voix n’est plus du tout certaine d’atteindre ce seuil symbolique.
Le spectre du « troisième tour »
Dans une capitale où l’offre politique se fragmente (écologistes, gauche sociale, centre macroniste, droite républicaine et nouvelles oppositions), le risque d’un « Conseil suspendu » (sans majorité claire) est réel.
L’élection du maire ne sera plus une simple formalité au lendemain du vote, mais un véritable « troisième tour » de négociations intenses.
Gouverner à la petite semaine ?
Si le futur maire est élu sans majorité absolue, Paris pourrait entrer dans une zone de turbulences institutionnelles inédite.
- Budget : Comment voter les impôts ou les investissements si chaque groupe demande une contrepartie ?
- Grands Projets : La transformation du périphérique ou la piétonnisation de nouveaux axes pourraient s’enliser dans des débats sans fin.
- Paralysie : Le risque est celui d’une ville gérée « au coup par coup ».
Vers une culture du compromis « à l’européenne »
Pourtant, certains y voient une chance. Pour les partisans de la réforme, c’est la fin de l’« omnipotence » du maire et le début d’une démocratie plus représentative, évoquant des pratiques observées à Berlin ou Bruxelles. Paris serait alors amené à composer davantage.
