jeudi 19 mars 2026
Pourquoi la marche en hommage à Quentin Deranque n’a pas été interdite à Lyon

Pourquoi la marche en hommage à Quentin Deranque n’a pas été interdite à Lyon ?

par Rédaction Figures Publiques
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Ce samedi 21 février 2026, une marche en hommage à Quentin Deranque, le jeune militant nationaliste tué le 12 février lors d’affrontements devant Sciences Po Lyon, se tiendra dans les rues de la ville. Malgré les craintes de débordements et les appels à l’interdiction de plusieurs responsables politiques, les autorités ont choisi de ne pas interdire cet événement. Une décision qui s’explique par plusieurs facteurs, entre enjeux juridiques, risques sécuritaires et contexte émotionnel.

Un hommage, pas une manifestation revendicative

Contrairement à ce que certains pourraient penser, cette marche n’est pas une manifestation politique revendicative, mais un hommage organisé à l’initiative de la famille de Quentin Deranque et de proches, dont Aliette Espieux, militante pro-vie. « Ce n’est pas une manifestation revendicative, mais un hommage. Par principe, vis-à-vis de l’opinion publique, cela aurait été compliqué de l’interdire au regard de l’émotion suscité par le décès de Quentin », explique une source proche du dossier à 20 Minutes.

Pour les autorités, interdire un rassemblement à caractère mémoriel aurait pu être perçu comme une atteinte à la liberté d’expression et à la liberté de rassemblement, d’autant plus dans un contexte où la mort de Quentin Deranque a suscité une forte émotion dans certains milieux. « Sécuriser un cortège, une manifestation, on sait faire », souligne Jean-Yves Camus, directeur de l’Observatoire des radicalités politiques. « Le principal risque serait que des heurts éclatent en soirée et que la situation dégénère », ajoute-t-il.

Un dispositif de sécurité exceptionnel pour limiter les risques

Plutôt que d’interdire la marche, les autorités ont opté pour un dispositif de sécurité massif afin d’encadrer strictement l’événement et prévenir tout débordement. Plusieurs mesures ont été mises en place :

  • Déploiement de forces de l’ordre : compagnies de CRS, escadrons de gendarmerie mobile et renforts policiers venus d’autres départements.
  • Surveillance élargie : drones pour suivre le cortège, patrouilles dans les transports en commun et interdiction de manifester sur un large périmètre (de la Presqu’île aux pentes de la Croix-Rousse).
  • Consignes strictes : les participants sont invités à ne pas scander de slogans et à masquer leurs tatouages, conformément aux souhaits de la famille de Quentin.

« Une interdiction en bonne et due forme n’aurait probablement pas poussé les éléments les plus radicaux à renoncer à un hommage », souligne une source policière. « Mieux vaut un événement à haut risque anticipé et encadré que des rassemblements spontanés plus diffus », ajoute-t-elle

Des craintes de débordements en marge de l’événement

Malgré ces précautions, les risques de tensions persistent. Les services de renseignement s’attendent à la présence de militants d’ultradroite venus de toute la France, voire de l’étranger, ainsi qu’à des tentatives de perturbation de la part de groupes d’ultragauche. « Les esprits sont un peu échauffés », note Jean-Yves Camus, qui redoute des affrontements en marge de la marche, notamment en soirée.

Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a d’ailleurs reconnu sur RTL que « la venue de membres de l’ultragauche dont le but serait de perturber cette manifestation » était un risque réel. « On ne peut pas exclure que des affrontements éclatent », confirme le politologue.

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