Au lendemain de l’annonce de l’application provisoire de l’accord UE-Mercosur, Céline Imart, agricultrice du Tarn et eurodéputée, a vivement critiqué ce samedi sur Europe 1 Matin Week-end une décision qu’elle qualifie de « passage en force » et de « trahison » pour la filière agricole française. Elle accuse Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, d’avoir « ignoré le vote du Parlement européen », tout en soulignant « l’affaiblissement croissant de la France à Bruxelles ».
L’annonce, faite en pleine ouverture du Salon international de l’agriculture, a suscité une vague d’indignation parmi les syndicats agricoles et les élus français. Pour Céline Imart, cette décision illustre « une faute politique et démocratique très lourde », la Commission européenne ayant choisi de contourner les oppositions pour imposer un texte « profondément défavorable aux intérêts agricoles français ». « On savait que dès que l’Argentine et l’Uruguay auraient ratifié l’accord, Ursula von der Leyen le mettrait en vigueur de manière provisoire », explique-t-elle, dénonçant un « bruissement clair dans les couloirs de Bruxelles » depuis plusieurs semaines.
L’eurodéputée pointe du doigt « l’incapacité de la France à défendre ses positions » au sein des institutions européennes. « La France est devenue le paillasson de l’Europe, le pays sur les intérêts desquels on peut s’asseoir allègrement », déclare-t-elle, avant d’ajouter : « Quand la France n’arrive pas à trouver des alliés pour porter ses intérêts stratégiques, elle n’est plus écoutée. » Un constat qu’elle lie à « une trajectoire budgétaire délirante » et à un « affaiblissement diplomatique » qui réduisent l’influence de Paris sur la scène européenne.
« Une violence démocratique »
Céline Imart insiste sur le « mépris des procédures » : « Elle [Ursula von der Leyen] passe complètement par-dessus le vote du Parlement européen. Démocratiquement, politiquement, c’est très violent. » Pour l’élue, cette méthode reflète une « dérive autoritaire » de la Commission, qui impose des choix « sans concertation réelle » avec les États membres et les représentants élus.
