Auditionnée à huis clos à l’Assemblée nationale, Rachida Dati a confirmé l’abandon de la mission de réorganisation « en profondeur » du Musée du Louvre, pourtant annoncée après le cambriolage d’octobre. À la place, la ministre de la Culture évoque un ensemble de « 17 mesures », dont les contours restent flous.
Une audition attendue, tenue à huis clos
À quelques jours de son départ du gouvernement pour se lancer dans la campagne municipale parisienne, Rachida Dati était auditionnée par la commission d’enquête parlementaire sur la sécurité des musées. Très attendue, cette audition s’est toutefois déroulée à huis clos, à la décision de son président, le député LR Alexandre Portier, au nom de la « sérénité des débats ». Un choix qui a suscité des critiques parmi plusieurs parlementaires.
Une mission annoncée puis abandonnée
Lors de cette audition, la ministre a acté l’abandon de la mission de réorganisation du Louvre qu’elle avait elle-même annoncée fin décembre, dans un contexte de crise aiguë pour l’établissement après le cambriolage du 19 octobre. Cette mission devait être confiée à Philippe Jost, superviseur du chantier de restauration de Notre-Dame, et devait rendre ses premières recommandations début 2025.
Dans les faits, la mission n’a jamais commencé. Selon Alexandre Portier, son abandon s’explique par le fait que « la réflexion sur la réorganisation du Louvre a avancé indépendamment de cette mission », évoquant une évolution en cours de la gouvernance du musée, sans en préciser les modalités.
Un plan alternatif
En remplacement de cette mission, Rachida Dati a assuré que « 17 mesures » étaient en cours pour réformer le musée le plus visité au monde. Aucun détail n’a toutefois été communiqué sur leur contenu ou leur calendrier de mise en œuvre. L’entourage de la ministre n’a pas répondu aux sollicitations sur ce point.
Le rapporteur de la commission, Alexis Corbière, a indiqué que la ministre justifiait l’abandon de la mission par le mouvement social engagé depuis mi-décembre par les personnels du Louvre, mobilisés pour de meilleures conditions de travail, un lien jugé peu convaincant par plusieurs députés.
La question sensible de la tutelle de l’État
Au cours des échanges, la ministre de la Culture a reconnu la nécessité d’un renforcement du contrôle exercé par l’État sur le Louvre. Alexandre Portier a de nouveau qualifié le musée d’« État dans l’État », dénonçant une autonomie jugée excessive. Alexis Corbière a confirmé que la ministre avait elle-même interrogé le rôle de la tutelle, laissant entendre que des évolutions pourraient intervenir, sans pour autant les préciser.
Une commission toujours en cours de travaux
Fragilisée par le cambriolage et par la révélation de nombreux dysfonctionnements, fermeture d’une galerie pour insalubrité, enquête sur une fraude à la billetterie, la présidente du Louvre, Laurence des Cars, doit être auditionnée à son tour par la commission. Cette audition ne devrait pas, à ce stade, se tenir à huis clos.
Créée dans la foulée du cambriolage, la commission d’enquête a déjà mené plus de soixante-dix auditions. Ses conclusions sont attendues au mois de mai. À l’issue des faits, Rachida Dati avait refusé la démission de la présidente du musée mais ordonné une enquête administrative, qui a mis en lumière d’importants manquements en matière de sécurité et conduit à des mesures d’urgence.
