Arnaud Deslandes, maire de Lille depuis le 21 mars 2025, met en avant une stratégie de terrain articulée autour de la police municipale, d’un dispositif conjoint avec la police nationale et d’arrêtés ciblant l’usage récréatif du protoxyde d’azote. Son élection a été actée lors d’un conseil municipal extraordinaire, à la suite de la démission de Martine Aubry.
Le 22 mai 2025, la Ville a présenté un point fixe commun réunissant sept policiers municipaux et six policiers nationaux, actif les jeudis, vendredis et samedis de 23 h à 6 h, en complément des patrouilles mobiles. Dans ce cadre, Arnaud Deslandes déclare: « Mais nous souhaitons qu’elle se fasse de façon à la fois responsable et respectueuse. » Il ajoute: « Les riverains, les personnes qui viennent s’amuser, celles qui y travaillent, tout le monde a le droit à la tranquillité. » Le maire souligne la coopération engagée avec la Préfecture pour déployer ces mesures.
La même communication officielle détaille trois arrêtés municipaux, dont l’interdiction du protoxyde d’azote à des fins récréatives sur tout le territoire lillois. Ces textes complètent les contrôles et la médiation de rue, avec des fermetures administratives possibles en cas de troubles à l’ordre public ou de manquements répétés.
Malgré ces leviers, la pression reste forte dans les secteurs festifs. D’après un bilan relayé par 20 Minutes, plus de 500 verbalisations ont été dressées en huit mois pour usage, détention ou abandon de cartouches sur la voie publique. La municipalité en tire l’enseignement que l’action locale seule ne suffit pas et soutient une évolution du cadre national.
Sur le plan réglementaire, la loi n° 2021-695 encadre déjà la prévention des usages dangereux, notamment l’interdiction de vente aux mineurs et des dispositions spécifiques dans les débits de boisson et en ligne. Ces règles servent de socle juridique aux communes qui prennent des arrêtés ciblés dans l’espace public.
La Ville et la Métropole européenne de Lille appellent l’État à renforcer l’arsenal. La MEL a adopté en juin un vœu demandant des mesures concrètes à l’échelle nationale et européenne face à la multiplication des bonbonnes et cartouches. Au niveau gouvernemental, Gérald Darmanin a indiqué qu’il souhaitait l’inscription du protoxyde d’azote sur la liste des stupéfiants et un encadrement plus strict. Ces annonces s’inscrivent dans un débat législatif en cours.
Sur le terrain des contrôles, subsiste une difficulté opérationnelle majeure: il n’existe pas, à ce stade, de test homologué et rapide permettant d’objectiver une consommation lors d’un contrôle routier, le gaz étant éliminé en quelques minutes à quelques heures selon l’usage. Ce point est régulièrement signalé dans les documents parlementaires.
