À Toulouse, le trafic de protoxyde d’azote connaît une forte progression, attirant une population de plus en plus jeune. Malgré la mise en place de mesures restrictives par la municipalité, ce marché continue de prospérer et génère des profits significatifs. Cette situation suscite de vives inquiétudes en raison des risques sanitaires associés à l’usage détourné de ce gaz.
Souvent désigné sous le terme de « gaz hilarant », le protoxyde d’azote est à l’origine utilisé dans le domaine culinaire, notamment dans les siphons à chantilly. Sa popularité auprès des jeunes s’explique par ses effets euphorisants, obtenus par inhalation, généralement à l’aide de ballons.
Selon La Dépêche du Midi, la consommation de protoxyde d’azote est en nette augmentation dans la Ville rose, en particulier chez des usagers très jeunes. La mairie de Toulouse, dirigée par Jean-Luc Moudenc, a pris un arrêté municipal visant à limiter drastiquement la consommation de ce gaz à des fins récréatives. Toutefois, le détournement du protoxyde d’azote, couramment appelé « proto » par les consommateurs, alimente aujourd’hui un trafic structuré qui demeure une source majeure de préoccupation pour les autorités locales.
L’Agence régionale de santé Occitanie alerte sur les dangers sérieux liés à l’usage détourné du protoxyde d’azote, encore trop souvent perçu à tort comme inoffensif. Détourné de ses usages médicaux et culinaires, ce gaz est inhalé pour ses effets euphorisants temporaires mais intenses. Cette image de produit bon marché et « sans danger » masque pourtant une réalité bien plus préoccupante.
« La consommation détournée du protoxyde d’azote est en recrudescence chez les jeunes. Cet usage détourné constitue une problématique de santé publique. Découvrez les risques liés au protoxyde d’azote et ses effets immédiats et à long terme » alerte l’ARS.
Les hôpitaux de Toulouse constatent une augmentation des admissions liées à la consommation de protoxyde d’azote, principalement chez des patients très jeunes. Les professionnels de santé font état de symptômes variés, allant des engourdissements et pertes de mémoire à des troubles neurologiques sévères. Dans les cas les plus graves, ces consommations peuvent entraîner des complications irréversibles, voire des décès.
Face à cette situation, les autorités multiplient les mesures de prévention et de restriction. Afin de limiter l’usage récréatif du protoxyde d’azote, le préfet du Tarn-et-Garonne a instauré un arrêté interdisant la possession, la consommation et la commercialisation de ce gaz. Pour les périodes de fêtes de fin d’année 2025, la préfecture de Tarn-et-Garonne a pris un arrêté pour interdire la détention, le transport ou la consommation de protoxyde d’azote, un gaz hilarant.
« On est vigilant à ce phénomène qui prend de plus en plus d’importance. 12% des jeunes de 18-34 ans avouent avoir consommé ce type de gaz qui modifie le comportement. » insiste Vincent Roberti, préfet de Tarn-et-Garonne.
Dans l’agglomération toulousaine, la commune de Cugnaux a également pris des dispositions similaires, dans le sillage des décisions de la mairie de Toulouse.
« Face à la recrudescence de l’usage détourné du protoxyde d’azote, la Ville de Cugnaux a pris un arrêté municipal interdisant son usage récréatif sur l’ensemble du territoire communal.»
en ajoutant
« Par cet arrêté, la Ville de Cugnaux réaffirme sa volonté de préserver la santé et la sécurité de tous, et d’agir concrètement pour prévenir les conduites à risque.»
