C’est une première dans l’histoire récente de l’AS Saint-Étienne. L’association des Socios Verts est officiellement entrée au capital du club. Un symbole fort pour des supporters qui militent depuis des années pour un modèle plus participatif et une gouvernance ouverte aux passionnés.
120 000 euros pour une part symbolique
L’objectif fixé était clair : réunir 120 000 euros afin d’acheter une part du capital détenue jusque-là par Vincent Tong-Cuong, ancien directeur général de l’ASSE. Mission accomplie.
Grâce à une campagne de financement participatif lancée début 2024, plus de 4 200 contributeurs ont répondu présents, parmi lesquels deux légendes stéphanoises : Michel Platini et Jean-Michel Larqué. Avec cette somme, les Socios Verts détiennent désormais environ 0,1 % du capital. Une part modeste sur le plan financier, mais hautement symbolique pour une structure née en 2021 avec l’idée de rapprocher le club de ses supporters.
Un projet participatif rare en France
Contrairement à certains clubs européens, la participation directe des supporters au capital reste marginale en France. Quelques exceptions existent : Guingamp, Sochaux ou Bastia ont déjà expérimenté ce modèle. Pour les Socios Verts, cette entrée marque une étape décisive. « Notre objectif n’est pas de diriger, mais de participer à la vie du club et de défendre sa culture populaire », rappelle l’association sur son site officiel.
Même sans siège au conseil d’administration, leur présence parmi les actionnaires ouvre la voie à un dialogue nouveau entre dirigeants et public. L’association souhaite désormais développer des actions en faveur de la formation, du patrimoine vert et de la transmission de l’histoire du club.
L’initiative stéphanoise illustre la volonté d’un retour à des valeurs d’ancrage local et d’engagement des supporters. Dans un football de plus en plus financiarisé, ce geste apparaît comme une bouffée d’air pour de nombreux fans attachés à leur club.
À Saint-Étienne, l’émotion est palpable. Pour les Socios, l’histoire ne fait que commencer. Et c’est peut-être dans cette part symbolique que réside la plus belle victoire : celle d’un public qui redevient acteur du destin de son équipe.
