ne marche en mémoire de Quentin Deranque, le militant nationaliste tué le 12 février dernier lors d’affrontements devant Sciences Po Lyon, se tiendra ce samedi 21 février dans la ville. Le rassemblement, prévu à 15 heures place Jean-Jaurès dans le 7e arrondissement, s’annonce sous haute tension alors que les autorités redoutent des heurts entre groupes d’ultra-droite et d’ultra-gauche.
Le parcours, long de 1,4 kilomètre, mènera les participants jusqu’à la rue Victor-Lagrange, là où le jeune homme de 23 ans a trouvé la mort après avoir été pris à partie par des opposants lors d’une conférence de l’eurodéputée LFI Rima Hassan. Organisée à l’initiative d’Aliette Espieux, figure du mouvement pro-vie, et avec l’accord de la famille de la victime, cette marche se veut avant tout un hommage silencieux. Les organisateurs ont d’ailleurs insisté pour que « aucun slogan ne soit scandé » et que les participants « masquent leurs tatouages », conformément aux souhaits de la mère de Quentin.
Un dispositif policier exceptionnel a été mis en place pour encadrer l’événement. Plusieurs centaines de forces de l’ordre seront déployées, incluant des compagnies de CRS, des escadrons de gendarmerie mobile et des renforts venus d’autres départements. La préfecture du Rhône a également étendu les mesures de sécurité à l’ensemble de la Presqu’île, des pentes de la Croix-Rousse jusqu’à Gerland, avec une interdiction de manifester de 11 heures samedi à 3 heures dimanche. Des drones seront utilisés pour surveiller le cortège et prévenir tout débordement.
Si les organisateurs espèrent entre 2 000 et 3 000 participants, les services de renseignement s’attendent à la présence de militants d’ultra-droite venus de toute la France, voire de pays frontaliers. « Notre priorité est d’éviter tout incident », a déclaré une source policière, tout en reconnaissant que « la situation reste très tendue ». Les autorités craignent particulièrement des réactions violentes en marge de la marche, d’autant que sept personnes ont déjà été mises en examen dans le cadre de l’enquête sur la mort de Quentin Deranque.
Du côté politique, la marche divise. Le maire de Lyon Grégory Doucet a demandé son interdiction, invoquant des « risques avérés de troubles à l’ordre public », tandis que le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a réaffirmé que « l’État garantirait à la fois l’ordre public et la liberté d’expression ». Jordan Bardella, président du Rassemblement National, a quant à lui demandé à ses militants de ne pas participer à l’événement.
Alors que la ville se prépare à vivre un week-end sous haute surveillance, les organisateurs appellent au calme. « Nous voulons simplement rendre hommage à Quentin dans la dignité », ont-ils déclaré, tout en reconnaissant que « le contexte est particulièrement explosif ». Les forces de l’ordre seront mobilisées en nombre pour éviter que cette marche ne dégénère en affrontements entre groupes opposés.
