À 24 ans, l’éleveuse tarnaise Crystèle Gourjade, installée à Saint Jean de Vals, a été élue miss Agricole 2026. Repreneuse de la ferme familiale, spécialisée dans les chèvres angora et engagée dans une démarche de ferme pédagogique, elle veut utiliser ce titre pour encourager les jeunes à s’installer en agriculture et mieux faire connaître le quotidien des exploitations.
À 24 ans, Crystèle Gourjade vient d’être désignée miss Agricole 2026. Derrière ce titre, il ne s’agit pas d’un concours de beauté classique, mais d’une mise en lumière assumée des femmes qui travaillent la terre et font vivre les exploitations. L’enjeu affiché par les organisateurs est de rappeler le rôle central du monde paysan et de donner un visage à celles qui s’y engagent.
Crystèle est installée à Saint Jean de Vals, dans le Tarn, au nord de Castres. Elle y élève des chèvres angora, un choix de production peu courant qu’elle a assumé dès la fin de son BTS agricole, en reprenant la ferme familiale. Elle insiste sur le soin apporté à ses animaux, qu’elle considère comme la base de la qualité de sa fibre et de ses produits.
La jeune agricultrice ne s’est pas contentée de poursuivre l’activité de son père. Elle a choisi d’ouvrir la ferme au public en développant une dimension pédagogique. Scolaires, familles ou curieux viennent découvrir le troupeau, le rythme des saisons, le travail autour de la laine. Pour elle, c’est une façon concrète de reconnecter les habitants au quotidien des exploitations, loin des clichés sur l’agriculture.
Crystèle assume aussi une présence active sur les réseaux sociaux. Elle y partage des moments de la vie de la ferme, les naissances, les contraintes météo, les périodes de fatigue comme les réussites. Elle défend l’idée qu’en montrant sans filtre ce qui se passe dans les exploitations, on peut mieux faire comprendre les difficultés, mais aussi les satisfactions de ce métier.
Le concours miss Agricole s’inscrit dans cette logique. Pas de scène, de robes du soir ni de passages en maillot. Les candidates se présentent à travers une vidéo et un questionnaire diffusés en ligne. Ce sont les internautes qui votent et choisissent la lauréate, en fonction de son parcours, de son projet et de sa capacité à parler de son métier.
Fraîchement élue, Crystèle Gourjade veut profiter de cette visibilité pour adresser un message aux jeunes qui hésitent à s’installer. Elle reconnaît que l’avenir paraît incertain, entre pression économique, aléas climatiques et contraintes administratives. Mais elle veut montrer, par son propre exemple, qu’une jeune femme peut reprendre une exploitation, choisir une production originale, rester indépendante et construire un projet viable.
Son ambition est claire: utiliser ce titre comme un levier pour redonner confiance à celles et ceux qui rêvent d’agriculture, mais n’osent pas franchir le pas. En assumant sa place de miss Agricole 2026, elle entend parler moins de couronnes que d’installations, de transmission et de perspectives pour le monde rural.
