Leïla Shahid, figure emblématique de la diplomatie palestinienne et ancienne déléguée générale de la Palestine en France, est décédée ce mercredi 19 février 2026 à l’âge de 76 ans. Polyglotte, engagée dès sa jeunesse, elle a marqué l’histoire par son combat pour la cause palestinienne.
Leïla Shahid, ancienne représentante de la Palestine en France et auprès de l’Union européenne, est décédée mercredi 19 février 2026 à l’âge de 76 ans, a annoncé sa sœur à l’AFP. Son corps a été retrouvé dans le hameau de La Lèque, sur la commune de Lussan (Gard), où elle résidait. Selon les premiers éléments de l’enquête, il s’agirait d’un suicide, et une enquête a été ouverte pour « recherche des causes de la mort ».
Née en 1949 à Beyrouth, quelques mois après la Nakba (« Catastrophe » en arabe), Leïla Shahid est issue d’une famille de notables de Jérusalem. Elle a suivi des études secondaires au Liban, puis une licence d’anthropologie à l’Université américaine de Beyrouth.
Engagée en politique dès 18 ans, elle a été une proche de Yasser Arafat et a marqué l’histoire en devenant la première femme à représenter l’OLP (Organisation de libération de la Palestine) à l’étranger, d’abord en Irlande, puis aux Pays-Bas et au Danemark à partir de 1989.
De 1994 à 2005, elle a été déléguée générale de l’Autorité palestinienne en France, puis a occupé les mêmes fonctions à Bruxelles, auprès de l’Union européenne, pendant la décennie suivante. En France, elle a collaboré avec des intellectuels palestiniens exilés et noué des liens avec des pacifistes israéliens.
Dans un entretien à l’AFP en 1993, elle confiait vivre « un déchirement perpétuel entre l’appartenance à (son) peuple, le besoin de lutter avec lui, et le désir d’une vie normale et sereine ».
Face à la guerre dans la bande de Gaza, déclenchée après l’attaque du Hamas le 7 octobre 2023, Leïla Shahid n’a eu de cesse d’appeler la communauté internationale à agir pour un cessez-le-feu. Dans un entretien à France Inter, elle s’était dite « pessimiste » quant à l’avenir de la Palestine, mettant en garde contre une annexion par Israël des « territoires palestiniens restants ».
Hommages et réactions
Le président palestinien Mahmoud Abbas a salué une « diplomate engagée envers les valeurs de liberté, de justice et de paix ». Le représentant adjoint de la Palestine à l’ONU, Majed Bamya, a décrit Leïla Shahid comme « la Palestine incarnée dans le monde francophone ».
En France, l’ancien Premier ministre Dominique de Villepin a rendu hommage à « une ardente amoureuse de la culture, de la poésie et des arts », tandis que l’Institut du Monde Arabe (IMA) a souligné son rôle de « diplomate exemplaire » qui « portait la Palestine en elle avec force et dignité ».
L’ancienne ministre socialiste Martine Aubry a évoqué « une inlassable militante pour la reconnaissance d’un État palestinien et pour la paix avec Israël ».
