Dans son dernier ouvrage, « Les Politiques, portraits et croquis », le journaliste Alain Duhamel dresse un portrait sans concession de 65 figures politiques françaises. Il y critique notamment Marine Le Pen, qu’il juge dépourvue du charisme de son père, tout en reconnaissant son rôle dans l’ascension de Jordan Bardella. Entretien.
Alain Duhamel, journaliste et essayiste, publie « Les Politiques, portraits et croquis » (éditions de l’Observatoire), un livre où il analyse 65 personnalités politiques, de Gabriel Attal à Éric Zemmour. « Je voulais mêler des figures de référence, d’une autre génération, et des acteurs actuels de la vie politique », explique-t-il. « Si j’écrivais ce livre aujourd’hui, j’ajouterais peut-être Amélie de Montchalin ou Sarah Knafo, qui ont pris de l’importance depuis. »
Marine Le Pen : un héritage sans éclat
Alain Duhamel ne cache pas son jugement sévère sur Marine Le Pen : « Elle ne possède ni le talent de tribun ni l’éclat de son père. Je l’ai souvent prise en défaut sur ses manques et ses mensonges. Les chiffres ne sont pas sa spécialité… Elle varie beaucoup d’opinions avec une assurance déconcertante. »
Pour lui, « son plus grand succès, c’est Jordan Bardella » : « Elle l’a repéré à 20 ans et a tout fait pour l’aider. C’est un cas unique depuis Bonaparte, mais je ne suis pas sûr que Bardella ait les mêmes qualités ni le même avenir. »
Comparaison des générations : « Plus d’équivalents à Giscard ou Mitterrand »
Duhamel regrette l’absence de personnalités comparables à celles des générations précédentes : « Aujourd’hui, il n’y a pas l’équivalent de Giscard, Mitterrand, Marchais ou Chirac. » Il souligne cependant que « la comparaison est injuste, car on retient surtout les figures marquantes du passé ».
Il évoque avec admiration Michel Debré : « Il avait un caractère insupportable et des idées très arrêtées, mais il a fait un nombre incomparable de réformes en quatre ans. »
Duhamel défend les responsables politiques, souvent critiqués : « Les Français disent qu’ils ne servent à rien, mais ils n’ont aucune idée du travail qu’ils abattent. Ce ne sont pas les 35 heures, mais plutôt les 70 ! »
Il conclut : « Je respecte ceux qui sont respectables. Les Français sont très injustes envers leurs dirigeants. »
