À Toulouse, la gauche s’avance vers les municipales 2026 avec le même handicap qu’en 2020 : la division. Derrière les appels à l’union, chaque camp défend sa stratégie, ses priorités et, surtout, sa tête de liste. Résultat : à six mois du scrutin, le rêve d’une candidature commune paraît déjà compromis.
L’espoir d’un accord entre La France insoumise et Europe Écologie-Les Verts n’aura pas résisté à la réalité des urnes internes. Selon Actu Toulouse, les militants écologistes ont rejeté à 82 % la proposition d’alliance portée par François Piquemal, député de la 4ᵉ circonscription de la Haute-Garonne. Le parlementaire insoumis proposait une liste commune dès le premier tour, assortie d’un partage du pouvoir : la mairie pour LFI, la présidence de la Métropole pour les Verts. Mais la base écologiste a balayé cette offre, jugeant la méthode trop verticale. « Leur proposition d’union sans processus démocratique de désignation est contradictoire avec nos valeurs », a expliqué le mouvement. Une décision confirmée par le chef de file Régis Godec, qui dit vouloir « une union fondée sur un cap politique clair et une gouvernance réellement partagée ».
Les Verts avancent désormais avec Archipel Citoyen, mouvement né de la précédente campagne, et réfléchissent à une plateforme plus large, mais sans les Insoumis. Une stratégie de différenciation assumée : « Nous incarnons l’espoir d’une alternance à la majorité actuelle », résume Godec, refusant de se laisser enfermer dans un duel Moudenc-Piquemal.
Le PS tente de fédérer
Pendant ce temps, le Parti socialiste s’active pour éviter la marginalisation. Derrière François Briançon, l’ancien adjoint toulousain, les socialistes plaident pour une coalition large rassemblant le PCF, Génération.s, Place Publique, le PRG, le MRC et les écologistes. Sans LFI. Une position ferme, que l’élu assume : « L’union doit se faire sur un projet commun et une méthode démocratique, pas sur une logique d’hégémonie. » Dans un communiqué transmis à Actu Toulouse, les communistes partagent cette ligne et n’hésitent pas à pointer du doigt les Insoumis, accusés « d’imposer une démarche non unitaire, faisant ainsi le jeu de la droite ».
Une gauche fragmentée face à une droite rassemblée
Au Capitole, les proches de Jean-Luc Moudenc observent la scène avec satisfaction. Le maire sortant, désormais soutenu par Horizons et le MoDem, voit dans ces divisions un boulevard pour la majorité sortante. Dans son entourage, on estime que « le PS et ses alliés ont eux-mêmes contribué à faire monter LFI », en référence aux alliances passées lors des élections de 2020 et à la Nupes de 2022. Sur le terrain, militants et sympathisants de gauche s’impatientent. « On parle d’union depuis quatre ans, mais personne ne veut lâcher le volant », soupire une élue de quartier. Si la situation reste figée, Toulouse pourrait bien revivre le scénario de 2020 : un premier tour émietté, puis une droite victorieuse par défaut.
La gauche toulousaine joue gros : son unité n’est plus seulement une question de stratégie, mais de survie politique.
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