dimanche 15 février 2026
Toulouse 2026 : la gauche unie promet d’abandonner le projet de Jonction Est

Toulouse 2026 : la gauche unie promet d’abandonner le projet de Jonction Est

par Rédaction Figures Publiques
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Liste des candidats pour la campagne de Toulouse :

logo ps parti socialisteBriançon FrançoisPSdéclaré
logo reconqueteCottrel ArthurReconquête !déclaré
logo rn rassemblement nationaleLeonardelli JulienRNdéclaré
logo lr les republicainsMoudenc MoudencLRdéclaré
logo rp revolution permanentePedinotti VanessaRPdéclaré
logo municipales2026Pezzin Pierreindéterminédéclaré
logo lo lutte ouvrierePiquemal FrançoisLFIdéclaré
logo municipales2026Scali Guillaumeindéterminédéclaré

La campagne des municipales à Toulouse vient de se tendre autour d’un vieux dossier routier. La liste d’union de la gauche, conduite par François Briançon (PS), s’est engagée à stopper le projet de nouvel échangeur sur le périphérique à hauteur de la Cité de l’espace, la fameuse « Jonction Est », en cas de victoire en mars 2026. Cette position commune avec les Écologistes rompt clairement avec la ligne défendue jusqu’ici par la majorité métropolitaine.

L’accord conclu entre socialistes, écologistes et plusieurs autres formations de gauche prévoit noir sur blanc l’abandon du projet si François Briançon conquiert le Capitole. Régis Godec, chef de file des Verts et désormais allié du PS, a confirmé ce choix lors de la présentation de la liste rassemblant neuf organisations de gauche. Il assume une convergence avec François Piquemal (LFI), qui mène une autre liste à gauche mais défend la même opposition à la Jonction Est.

En toile de fond, le projet reste pourtant très engagé sur le plan administratif. La Jonction Est doit créer un échangeur supplémentaire entre les sorties Montaudran et Lasbordes, sur le périphérique Est, avec une liaison en 2×2 voies vers Quint Fonsegrives pour desservir l’est toulousain en pleine croissance, de Malepère à Saint Orens. Portée par Toulouse Métropole et Vinci Autoroutes, l’opération est estimée à près de 95 millions d’euros et a été déclarée d’utilité publique par le préfet de la Haute Garonne fin octobre 2025.

La commission d’enquête publique a rendu en février 2025 un avis favorable au projet, malgré une opposition massive relevée dans les contributions citoyennes. Ses conclusions pointent le risque d’une congestion quasi continue du secteur sans intervention structurante. La commission estime qu’il ne peut être envisagé de ne rien entreprendre pour fluidifier la circulation dans le secteur et les voies à proximité, en avertissant que laisser les choses en l’état reviendrait à accepter une saturation « dans la plus grande partie de la journée ».

Depuis des années, riverains et associations de défense des mobilités douces contestent pourtant la logique même du projet. Le collectif 2 Pieds 2 Roues et plusieurs associations locales ont qualifié la Jonction Est de projet « néfaste et contre productif », dénonçant un « aspirateur à voitures » incompatible avec les objectifs climatiques de la métropole et rappelant que plus de 60 % des contributions à l’enquête publique se déclaraient opposées à l’échangeur.

C’est cette grille de lecture qu’assume désormais la nouvelle alliance PS–Écologistes. Régis Godec met en avant des études selon lesquelles le gain de temps pour les automobilistes serait limité à quelques minutes seulement, tout en augmentant les flux et les nuisances pour les quartiers concernés. Pour lui, l’argent public doit être redéployé vers des solutions alternatives: renforcement des transports en commun, développement d’un RER métropolitain, maillage plus serré de pistes cyclables, apaisement des axes de desserte autour de la Cité de l’espace.

Face à ce virage, la majorité sortante insiste sur la dimension intercommunale du dossier. Jean Luc Moudenc rappelle que la Jonction Est a été régulièrement soutenue par des maires de droite comme de gauche dans l’est toulousain, y compris au sein du Sicoval, et qu’il s’agit à ses yeux d’un projet « transpartisan ». Le maire sortant souligne que l’équation ne se limite pas à la seule ville de Toulouse, mais concerne l’ensemble du bassin de vie, avec des communes voisines qui réclament une fluidification des accès routiers.

Longtemps, les socialistes eux mêmes ont été divisés sur le sujet. À la Métropole, le groupe PS avait initialement soutenu la Jonction Est, avant de se désolidariser du projet lors du vote d’approbation en juin 2025, à l’exception des élus toulousains qui avaient basculé dans l’opposition. La municipalité Cohen, entre 2008 et 2014, avait elle aussi validé plusieurs étapes du dossier. Le ralliement actuel au refus de l’échangeur traduit donc une évolution politique assumée par les partenaires de la nouvelle alliance.

Politiquement, l’engagement d’abandonner la Jonction Est installe un clivage clair à quelques mois du scrutin. D’un côté, une majorité sortante qui défend un projet déjà validé par l’État, présenté comme indispensable pour éviter l’asphyxie routière du secteur. De l’autre, une gauche qui promet de renoncer à l’échangeur pour investir les mêmes montants dans les transports en commun et les mobilités douces, tout en capitalisant sur une opposition locale déjà ancienne. Derrière la bataille de chiffres, c’est la vision de la mobilité métropolitaine qui se retrouve au cœur de la campagne toulousaine.

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