Accueil #VoteTaFranceSaint-Étienne. Commerces et centre-ville : Olivier Razemon invité d’une soirée-débat au Megarama

Saint-Étienne. Commerces et centre-ville : Olivier Razemon invité d’une soirée-débat au Megarama

par Rédaction Figures Publiques

Au Megarama, le mouvement Saint-Étienne Demain a organisé une soirée-débat avec le journaliste Olivier Razemon sur les fermetures de commerces. Entre chiffres officiels, enquêtes de presse et témoignages de terrain, la rencontre a éclairé les enjeux de l’avenir du centre-ville stéphanois.

Jeudi 27 novembre, le mouvement Saint-Étienne Demain a réuni commerçants, habitants et acteurs économiques au cinéma Megarama Jean-Jaurès pour une soirée-débat consacrée aux fermetures de commerces en ville, autour d’une question directe : « Fermetures des commerces à Saint-Étienne : que faire ? » L’invité principal était le journaliste et auteur Olivier Razemon, spécialiste reconnu des dynamiques urbaines.

Journaliste au Monde et auteur de l’essai Comment la France a tué ses villes, publié en 2016 aux éditions Rue de l’échiquier, Olivier Razemon a popularisé l’idée que la crise des centres-villes n’est pas un accident conjoncturel mais le résultat d’un modèle d’aménagement qui a favorisé pendant des décennies les zones commerciales périphériques au détriment des rues commerçantes traditionnelles. L’éditeur rappelle que son livre a « révélé le phénomène de dévitalisation des villes moyennes » en France.

À Saint-Étienne, ce diagnostic national se heurte à des chiffres officiels plutôt flatteurs. La Ville et la CCI mettent en avant une progression de 18 % du nombre d’établissements de commerce entre 2020 et 2025, soit un passage de 4 328 à 5 110 commerces sur la commune. Le site municipal parle même de « bons chiffres du commerce à Saint-Étienne » pour qualifier cette hausse. Saint-Étienne Dans un dossier de vérification, Le Progrès rappelle toutefois que ce chiffre global ne dit rien de la répartition géographique des ouvertures et note que, « à l’heure où les fermetures de commerces s’enchaînent dans le centre-ville, ces chiffres laissent de nombreux Stéphanois sceptiques ».

Autre indicateur mis en avant : le taux de commercialité. La chaîne locale TL7 souligne qu’il atteint 42 % à Saint-Étienne, alors que le seuil national d’attractivité est fixé à 33 %. Selon la chaîne, « un taux inférieur à 30 % est considéré comme dégradé, entre 30 et 33 % comme correct », ce qui place la ville au-dessus des standards habituels.

Dans un récent reportage, TL7 rappelle pourtant que « le commerce de proximité à Saint-Étienne traverse une période difficile, entre mutations structurelles, hausse des loyers et concurrence du e-commerce », ce qui rejoint le ressenti des commerçants invités au débat.

À l’échelle nationale, le tableau dressé par Le Monde est nettement plus préoccupant. Dans un article publié début juillet, le quotidien parle de « lente agonie du commerce en centre-ville » et cite les données de la société Codata : le taux moyen de vacance des commerces de pied d’immeuble est passé de 5,94 % à 10,85 % entre 2004 et 2024, avec des pointes à plus de 20 % dans certaines villes moyennes. Ces chiffres donnent le cadre : même lorsque les indicateurs globaux restent dans le vert, la pression sur certains secteurs ou quartiers peut être forte.

Devant le public stéphanois, Olivier Razemon a replacé cette situation dans un schéma plus large. Dans ses interventions, il résume souvent le problème par une formule désormais connue : « on organise la ville en dehors de la ville », pour décrire un modèle qui concentre l’offre commerciale, les parkings et une partie des services en périphérie. La question posée à Saint-Étienne est donc moins de savoir s’il y a des commerces que de déterminer où ils se situent, à qui ils profitent et comment ils participent – ou non – à la vie du centre-ville.

Le contexte politique local donne à ce débat une résonance particulière. Fin novembre, Le Progrès a confirmé qu’« une union inédite » de la gauche et des écologistes se forme derrière l’ancien député socialiste Régis Juanico pour les municipales de 2026, sous la bannière Saint-Étienne Demain. De son côté, Le Monde décrit une prochaine campagne municipale « marquée par des divisions et un procès », en référence à la procédure visant le maire sortant Gaël Perdriau, et souligne que cette situation ouvre un espace à l’opposition sur les thèmes de l’image de la ville et de son attractivité.

La soirée du Megarama s’inscrit clairement dans ce paysage : un rendez-vous de travail thématique, mais qui préfigure aussi les axes de la campagne à venir. Les interventions des commerçants, des associations et des habitants ont illustré le décalage entre des indicateurs globaux présentés comme rassurants et une réalité de terrain faite de locaux vacants, de loyers difficiles à assumer et d’incertitudes sur la fréquentation.

Cet article vous a-t-il été utile ?
Oui0Non0

En savoir plus sur Figures Publiques

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

-
00:00
00:00
Update Required Flash plugin
-
00:00
00:00

Blocage de publicités détecté

Merci de nous soutenir en désactivant votre extension AdBlocker pour notre site web.