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Municipales stéphanoises : le point à quatre mois du premier tour

par Rédaction Figures Publiques

Droite unie derrière Dino Cinieri, gauche recomposée autour de Régis Juanico mais concurrencée par LFI, RN offensif avec Corentin Jousserand, affaire de la sextape en toile de fond : à quatre mois des municipales 2026 à Saint-Etienne, voici le point complet sur les listes et les enjeux.

Quatre mois avant le premier tour des municipales des 15 et 22 mars 2026, la bataille de Saint-Etienne est déjà engagée, même si les listes ne sont pas encore figées. Les têtes de liste se positionnent, les permanences ouvrent, les tractages s’enchaînent et l’ombre du procès de la sextape continue de peser sur l’équation politique locale. Patrick Françon à fait le point sur Minformer.com.

D’après le calendrier électoral publié par vie-publique, les candidats ont jusqu’au 26 février à 18 heures pour déposer leurs listes en préfecture, avant l’ouverture officielle de la campagne le 2 mars.

Autrement dit, les appareils ont encore un peu de temps pour négocier, mais le décor général se dessine déjà : une droite recomposée autour de Dino Cinieri, une gauche rassemblée derrière Régis Juanico mais concurrencée par La France insoumise, un Rassemblement national ambitieux et plusieurs listes dites de témoignage.
Dans ce paysage déjà chargé, la décision du tribunal correctionnel de Lyon dans l’affaire de la sextape, attendue le 1er décembre, peut encore rebattre les cartes pour le maire sortant Gaël Perdriau, qui continue de clamer son innocence.

Le calendrier se resserre, les campagnes se structurent

Les électeurs stéphanois sont officiellement convoqués aux urnes les 15 et 22 mars 2026, dans le cadre du renouvellement des conseils municipaux et communautaires.
Le décret publié fin août fixe un tempo précis : listes électorales arrêtées début février, dépôt des candidatures le 26 février, puis une campagne raccourcie mais dense sur les deux semaines précédant le premier tour.

Dans ce cadre contraint, les équipes ont pris de l’avance sur le terrain. Selon Le Progrès, Régis Juanico inaugure ce samedi 15 novembre son local de campagne au 14 rue Charles-de-Gaulle, symbole d’une gauche qui veut reprendre pied en centre-ville.

En parallèle, la droite rassemblée autour de Dino Cinieri multiplie réunions et déplacements sous la bannière Saint-Etienne Ensemble 2026, avec l’objectif affiché de s’imposer comme le pôle principal de l’alternative à la majorité actuelle.

Les premiers sondages recensés par OpinionWay et Ifop, relayés par Wikipédia, dessinent un paysage fragmenté où aucune force ne domine nettement au premier tour, ce qui rend les alliances de second tour décisives.

Pour les observateurs des scrutins locaux, deux paramètres pèseront lourd dès le début de 2026. D’abord, le niveau de participation, très faible en 2020, avec près de 72 % d’abstention au second tour à Saint-Etienne.

Ensuite, la capacité de chaque camp à apparaître comme le “vote utile” face au risque de dispersion des listes.

Dans ce contexte, les semaines de janvier et février seront moins un temps de découverte qu’une phase de cristallisation : les candidats seront déjà identifiés, et la campagne officielle ne fera qu’acter des rapports de force construits depuis plusieurs mois.

Droite et centre derrière Dino Cinieri, sous la pression de l’affaire Perdriau

Du côté de la droite et du centre, le paysage est plus lisible qu’il y a quelques mois. Selon les informations consolidées par Wikipédia à partir de plusieurs sources de presse, l’ancien député Les Républicains Dino Cinieri a été désigné le 16 septembre comme tête de liste du collectif Saint-Etienne Ensemble 2026, à l’issue d’un processus interne d’arbitrage.
Autour de lui se regroupent une large partie de la droite et du centre : LR, UDI, Horizons, Renaissance, MoDem, Parti radical et Parti radical de gauche sont cités comme partenaires potentiels ou affichés, avec l’objectif d’éviter la multiplication des listes concurrentes dans ce camp.

L’enjeu stratégique est clair : se poser en pôle stabilisateur face à un Rassemblement national en progression et à une gauche qui espère capitaliser sur le rejet du maire sortant.

Reste le cas de Gaël Perdriau. Le maire DVD est jugé au tribunal correctionnel de Lyon pour chantage présumé à la sextape, détournement de fonds publics et association de malfaiteurs, dans une affaire qui empoisonne la vie politique stéphanoise depuis plus de trois ans.

Selon Le Dauphiné et Lyon Info, le parquet a requis à son encontre trois ans de prison ferme, deux ans avec sursis et cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire, tandis que la défense continue d’affirmer son innocence.

Le jugement doit être rendu le 1er décembre 2025. S’il est condamné avec inéligibilité, la question d’une “liste Perdriau” disparaîtrait de fait et la droite unie derrière Cinieri aurait un argument supplémentaire pour capter l’électorat municipal sortant. S’il est relaxé, la tentation pourrait être forte, pour le maire, de rester dans le jeu d’une manière ou d’une autre, au risque de fracturer davantage le camp de droite.

Les politistes qui suivent ces dossiers rappellent que les affaires judiciaires n’ont pas toujours le même effet électoral : à Levallois-Perret comme à Fréjus, certaines équipes sortantes ont longtemps résisté malgré des dossiers lourds, alors qu’ailleurs, la moindre affaire a accéléré une alternance.

À Saint-Etienne, l’affaire de la sextape cumule deux ingrédients inflammables : une dimension morale très forte et l’image d’un système de pouvoir local contesté, ce qui en fait un élément central de la campagne, quel que soit le verdict.

Une gauche recomposée autour de Régis Juanico, mais encore éclatée

À gauche, l’image est celle d’un rassemblement en cours, mais non achevé. D’après Le Progrès, les communistes stéphanois ont voté à 76 % pour rejoindre la liste conduite par l’ancien député socialiste Régis Juanico, sous l’étiquette Saint-Etienne Demain.
Ce dernier est déjà soutenu par Place publique, Génération.s et les Radicaux de gauche, ce qui reconstitue un socle social-démocrate élargi, dans la lignée du second tour de 2020 où la liste PS-PCF avait déjà affronté Gaël Perdriau.

Les communistes assument un discours offensif : dans leur communiqué, cité par Le Progrès, ils estiment que “la gauche se doit de mettre hors d’état de nuire le premier magistrat de la ville et de proposer un programme progressiste qui redonnera envie d’habiter Saint-Etienne”.

Cette formulation résume bien l’angle adopté : faire de l’élection un référendum local sur la gouvernance sortante et sur l’affaire de la sextape, tout en mettant en avant des thèmes concrets comme le logement, le commerce de centre-ville ou les services publics.

Mais ce rassemblement n’est pas total. Les écologistes, qui avaient présenté une liste autonome en 2020 avant de fusionner avec le PS au second tour, n’ont pas encore tranché.
La France insoumise, de son côté, a choisi une stratégie de séparation. Selon Le Progrès et Wikipédia, Valentine Mercier a été désignée tête de liste pour LFI à Saint-Etienne, avec l’idée de défendre une ligne plus radicale sur les questions sociales, écologiques et démocratiques, en dehors de l’accord noué autour de Juanico.

Enfin, Lutte ouvrière sera à nouveau présente avec la candidature de Romain Brossard. Dans un entretien relayé par Le Progrès et le site de LO, ce militant affirme vouloir faire entendre “le camp des travailleurs” contre la vie chère et la dégradation des conditions de vie des salariés, chômeurs et retraités.

Pour les électeurs de gauche, l’équation sera donc complexe. D’un côté, une liste Juanico qui revendique l’union la plus large possible et le soutien de forces de gouvernement. De l’autre, une liste LFI qui veut incarner une opposition plus frontale, et une liste LO qui assume un discours de rupture totale avec les institutions.
La question centrale, à terme, sera la capacité des différentes composantes à se reparler entre les deux tours, dans une ville où, en 2020, la division de la gauche au premier tour avait pesé lourd dans la dynamique de la majorité sortante.

RN et listes de rupture cherchent à capter la colère et l’abstention

Le troisième bloc à surveiller est celui des listes dites de rupture, à commencer par le Rassemblement national. Selon If Saint-Etienne et plusieurs médias nationaux, le RN a désigné comme tête de liste Corentin Jousserand, 28 ans, diplômé d’HEC et de Sciences Po, également délégué départemental du parti dans la Loire.

Dans un entretien à TL7 et sur ses propres réseaux, il se présente comme le porte-voix d’une “nouvelle génération” et met en avant un triptyque très classique pour son parti : sécurité du quotidien, propreté urbaine et relance économique, avec l’ambition déclarée de “créer la surprise” à Saint-Etienne.

La stratégie est claire : occuper le terrain laissé libre par la faiblesse de la participation et récupérer les voix de déception à droite comme à gauche, dans une ville où le RN a déjà réalisé de bons scores aux européennes et aux législatives récentes.

Une liste sans bruit pour Lutte Ouvrière

Lutte ouvrière, avec Romain Brossard, vise un autre type de “colère utile”. Son message, tel qu’il l’a exprimé dans la presse, consiste à rappeler que les changements profonds ne viendront pas des alternances municipales, mais des luttes sociales.

Cette liste ne joue pas la conquête de la mairie, mais cherche à peser symboliquement dans le débat, à maintenir un courant d’extrême gauche organisé et à s’adresser directement aux salariés des grosses entreprises de l’agglomération.

Pour les analystes des élections locales, ces listes de rupture ont un double effet. Elles captent une partie de l’abstention potentielle et elles compliquent les équations de second tour, notamment si aucune des grandes listes n’arrive à se détacher nettement au premier tour.
À Saint-Etienne, où la participation a été historiquement basse en 2020, la question n’est pas seulement de savoir qui arrivera en tête, mais qui parviendra à remobiliser des électeurs qui se sont déjà détournés des urnes lors des précédents scrutins.

Ligne droite pour le maire sortant

À quatre mois du premier tour, rien n’est joué. Le verdict du 1er décembre pour Gaël Perdriau, les décisions finales des écologistes, la dynamique de terrain de Juanico, Cinieri, Mercier ou Jousserand, ainsi que l’humeur d’un électorat très abstentionniste dessineront, dans les prochaines semaines, les scénarios possibles pour la bascule ou la continuité à l’hôtel de ville.

Les candidats déclarés à ce jour (15 novembre 2025)

  • Dino Cinieri, tête de liste « Saint-Etienne Ensemble 2026 » (alliance droite et centre)
  • Régis Juanico, tête de liste « Saint-Etienne Demain » (PS, PCF, Place publique, Génération.s, Radicaux de gauche)
  • Valentine Mercier, tête de liste La France insoumise
  • Corentin Jousserand, tête de liste Rassemblement national
  • Romain Brossard, tête de liste Lutte ouvrière

À ce stade, Gaël Perdriau n’est pas candidat officiellement déclaré, sa situation restant suspendue au délibéré du 1er décembre dans l’affaire de la sextape.

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