À gauche, le paysage des municipales 2026 se clarifie à Toulouse, mais il ne se rassemble pas. Après la décision des Écologistes de rejoindre la liste conduite par le socialiste François Briançon, le mouvement Archipel citoyen a confirmé, jeudi 27 novembre, le choix de s’agréger à cette même alliance. La Dépêche du Midi évoque désormais une « large coalition » autour du PS, des Écologistes et de plusieurs forces de gauche, laissant la liste « Demain Toulouse » de François Piquemal (LFI) sur une trajectoire autonome.
Le député de la 4e circonscription de Haute-Garonne, candidat déclaré au Capitole, assume la contre-attaque. Dans un entretien accordé à la presse, il dit « regretter cette décision » d’Archipel citoyen et parle d’une forme d’« alliance de la carpe et du lapin », reprenant une formule déjà utilisée pour dénoncer le rapprochement entre le PS et ses anciens partenaires écologistes. Le Monde relève que l’élu insoumis, 40 ans, présente ce front commun comme un assemblage artificiel entre des forces qui s’opposent sur des dossiers structurants, comme la contestée autoroute A69 entre Castres et Toulouse.
François Piquemal rappelle qu’un précédent vote interne à Archipel citoyen plaçait, selon lui, l’option d’un accord avec LFI et l’Assemblée des quartiers devant celle d’une alliance avec le PS. La bascule intervenue après le ralliement des Écologistes au camp Briançon est perçue dans son entourage comme un tournant politique, mais aussi comme une opportunité. Le candidat affirme recevoir depuis plusieurs jours des signaux de soutien individuels: « On a énormément de monde d’Archipel citoyen et des Écologistes qui nous contacte pour rejoindre notre campagne », explique-t-il, en précisant qu’il s’agit d’abord de militants de terrain et que la question d’éventuels cadres viendra plus tard.
Sur le fond, le leader de « Demain Toulouse » minimise cependant l’importance de ces tractations entre appareils. Il renvoie ces discussions au rang de « tambouilles de partis », qu’il juge relativement anecdotiques et éloignées des préoccupations quotidiennes des Toulousains. L’enjeu, martèle-t-il, est désormais d’« élargir [la campagne] aux forces vives toulousaines », en s’adressant aux collectifs de quartier, aux acteurs associatifs, aux syndicats et aux habitants non encartés qui ne se reconnaissent ni dans l’actuelle majorité de Jean-Luc Moudenc, ni dans la nouvelle coalition rose verte.
En toile de fond, la bataille s’annonce serrée. Les premiers sondages publiés à l’automne par l’institut Cluster17 donnent un paysage très ouvert, avec un trio Jean-Luc Moudenc, François Briançon et François Piquemal dans un mouchoir de poche au premier tour, alors que le Rassemblement national et une liste Reconquête tentent aussi de se frayer un chemin. L’union de la quasi-totalité de la gauche non mélenchoniste derrière le socialiste pourrait rebattre les cartes, mais elle offre aussi à la liste « Demain Toulouse » un positionnement clair de pôle alternatif, plus marqué à gauche.
Reste à savoir si la ligne choisie par François Piquemal – refus d’un accord avec le PS, critique d’une alliance jugée contradictoire sur plusieurs dossiers, mise en avant d’un ancrage militant – lui permettra de transformer l’arrivée de nouveaux sympathisants en dynamique électorale. En face, François Briançon mise sur la force d’un bloc large et sur l’image de « rassemblement responsable » pour espérer reconquérir le Capitole, tandis que Jean-Luc Moudenc, soutenu par la droite et le centre, compte tirer profit des divisions persistantes entre ses opposants.
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