Candidat à la mairie de Lyon, Jean-Michel Aulas veut lancer dès 2026 des études pour une nouvelle ligne de métro vers l’Est lyonnais s’il est élu. Le président écologiste de la Métropole, Bruno Bernard, juge ce projet irréaliste au regard de la dette et des investissements déjà programmés, tandis que la maire de Décines, Laurence Fautra, plaide pour une desserte du stade et de l’aéroport.
Jean-Michel Aulas veut faire du métro l’un des marqueurs de sa candidature à la mairie de Lyon en 2026. Dans une interview accordée à actu Lyon, l’ancien président de l’OL, désormais candidat soutenu par la droite et le camp présidentiel, annonce son intention de lancer dès 2026 des études pour une nouvelle ligne à l’Est de l’agglomération s’il remporte les municipales.
Un métro pour l’Est lyonnais
Pour le chef d’entreprise, le métro doit redevenir l’outil central de la politique de transports. « Le métro, c’est l’assurance-vie de nos mobilités », explique-t-il, en estimant que les territoires de l’Est, où la population a fortement augmenté, n’ont pas bénéficié d’infrastructures à la hauteur. Il parle d’un « retard évident » pour ces communes, alors que près d’1,5 million d’habitants vivent sur le périmètre métropolitain.
Jean-Michel Aulas détaille une méthode qu’il veut présenter comme plus prévisible que celle de la majorité actuelle: « On lance dès 2026 les études d’une ligne Est, on fixe un calendrier crédible, et on arrête les effets d’annonce. Des métros là où il y a des besoins réels. Lyon doit redevenir une métropole qui planifie, pas qui improvise. » Ces propos, relayés par actu Lyon et largement repris sur les réseaux, résument sa critique d’une gestion jugée trop hésitante des grands projets de transports.
Bruno Bernard renvoie Aulas au mur de la dette
Le président écologiste de la Métropole de Lyon et de Sytral Mobilités, Bruno Bernard, conteste frontalement la faisabilité financière de ce projet de métro supplémentaire. Il rappelle régulièrement que la collectivité a déjà engagé un plan d’investissements massif jusqu’en 2035 pour le réseau TCL, avec des marges de manœuvre limitées. D’après une analyse de Lyon Capitale et du Progrès, le coût d’un kilomètre de métro peut se compter en centaines de millions d’euros et mobiliser une large part de la capacité d’investissement de Sytral pendant des années.
Dans ce contexte, Bruno Bernard estime qu’ajouter un milliard d’euros de dépenses d’investissement entre 2030 et 2035 reviendrait à faire « exploser l’encours de dette ». Il insiste sur l’existence de « réalités économiques » auxquelles se heurtent, selon lui, les promesses de nouveaux métros à répétition. Il rappelle également que les projets déjà actés, comme le tramway express de l’Ouest lyonnais (TEOL), ont des calendriers longs et contraints: « Quand on veut un métro en 2025, il arrivera en 2040 », résume-t-il, en revendiquant une position de gestionnaire « sérieux » face à ce qu’il qualifie d’hypothèses de science-fiction.
La question de la gratuité partielle des TCL, également portée par Jean-Michel Aulas dans ses propositions, ajoute une tension supplémentaire: pour Bruno Bernard, combiner des investissements massifs dans le métro et une baisse des recettes tarifaires mettrait en danger l’équilibre financier du réseau.
Décines rêve toujours d’un métro vers le stade
Le projet de métro à l’Est trouve un relais politique direct à Décines-Charpieu. La maire LR, Laurence Fautra, qui a rejoint Jean-Michel Aulas au sein du rassemblement « Grand Cœur Lyonnais » en vue des élections métropolitaines, défend depuis plusieurs années l’idée d’un transport lourd pour desservir le secteur du Groupama Stadium et, désormais, la LDLC Arena.
Invitée de BFM Lyon dans une émission politique en partenariat avec actu Lyon, elle rappelle qu’ »un plan métro » pour l’Est avait déjà été étudié. Selon elle, il faut compter environ cinq ans d’études et cinq ans de travaux pour un projet de cette ampleur. « On a déjà perdu ce mandat », regrette-t-elle, en expliquant qu’il aurait « déjà fallu le faire, le prévoir, le planifier dès la création du stade de l’OL ».
Pour la maire de Décines, un tracé « logique » passerait au sud de sa commune, en lien avec le pôle de La Soie et le site d’Eurexpo, tout en desservant le stade et la LDLC Arena. Elle va jusqu’à évoquer, comme horizon supplémentaire, la possibilité d’une desserte de l’aéroport Lyon-Saint Exupéry par un métro depuis l’Est lyonnais, qu’elle qualifierait de « magnifique » si un tel projet voyait le jour.
Un enjeu central de la campagne 2026
Au-delà du tracé précis, la proposition de Jean-Michel Aulas place la question des transports lourds au centre de la campagne lyonnaise de 2026. Le candidat construit son discours sur l’idée d’une métropole qui aurait cessé de « planifier » suffisamment loin, notamment pour l’Est, tandis que la majorité actuelle met en avant la nécessité de tenir une trajectoire financière jugée soutenable et de prioriser les projets déjà engagés.
Derrière les formules, c’est un choix de modèle qui se dessine: une stratégie assumant un endettement plus élevé pour relancer la construction de lignes de métro, ou une approche plus prudente misant sur les tramways et les optimisations du réseau existant. Les électeurs lyonnais auront à arbitrer, dans les mois qui viennent, entre ces visions concurrentes de la mobilité et de la gestion publique.
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