Après avoir sécurisé ses alliances à droite, Jean-Michel Aulas poursuit sa stratégie d’ouverture en intégrant plusieurs figures issues de la gauche lyonnaise à sa campagne pour les municipales et métropolitaines de 2026. L’ancien président de l’Olympique lyonnais a obtenu le ralliement de Michel Le Faou, ex-adjoint à l’urbanisme de Gérard Collomb puis de David Kimelfeld à la Métropole, qui siégeait encore récemment au Grand Lyon. Ancien socialiste, Le Faou justifie son engagement auprès d’Aulas par une approche « pragmatique » et « au-delà des clivages », même si ce choix suscite la défiance de certains de ses anciens alliés : « Refuser Collomb en 2020 pour s’affilier à Wauquiez en 2026… Il rejoint la file d’attente du guichet des opportunistes », tacle David Kimelfeld.
Autre recrutement marquant à gauche : Sylvie Blès-Gagnaire devrait être investie comme tête de liste à Villeurbanne par le mouvement Grand Cœur Lyonnais piloté par Aulas. Petite-fille de l’ancien maire Étienne Gagnaire, ex-collaboratrice du socialiste Jean-Jack Queyranne à la Région et de Bernard Rivalta au Sytral, elle est aujourd’hui déléguée générale de la fédération du BTP. Ce choix, qui écarterait l’élue régionale (LR) Sophie Cruz, traduit une volonté d’ancrage local et de rééquilibrage dans le contexte d’une Villeurbanne historiquement marquée à gauche.
Cette double opération illustre la méthode Aulas : maintenir l’équilibre de ses alliances tout en élargissant sa base, afin de peser face à un bloc écologiste fragilisé et une droite lyonnaise en quête d’incarnation. Reste à voir si cette stratégie de dépassement des clivages portera dans une métropole où les fidélités partisanes demeurent déterminantes.
