Le député La France insoumise et candidat à la mairie de Marseille Sébastien Delogu a déposé une proposition de loi visant à supprimer la métropole Aix-Marseille-Provence. Le texte s’inscrit dans la perspective des élections municipales de 2026 et ravive les tensions locales autour de cette intercommunalité.
Le député La France insoumise Sébastien Delogu, candidat déclaré à la mairie de Marseille, a déposé le 23 décembre une proposition de loi à l’Assemblée nationale visant à supprimer la métropole Aix-Marseille-Provence. Cette structure intercommunale regroupe actuellement 92 communes des Bouches-du-Rhône et constitue l’une des plus vastes métropoles françaises.
Cette initiative s’inscrit dans la continuité du rapport Marseille en vrai, publié début décembre et coécrit avec le député LFI Manuel Bompard. Ce document entendait répondre au plan Marseille en grand lancé par Emmanuel Macron, et critiquait sévèrement le fonctionnement de la métropole, créée en 2016 par la fusion de six intercommunalités.
Dans ce rapport, les deux députés décrivaient une institution jugée surdimensionnée et peu lisible. Ils estimaient que la métropole ne favorisait ni l’efficacité administrative ni le consensus politique, mais qu’elle alimentait au contraire des oppositions permanentes et une confusion des responsabilités. Les auteurs faisaient notamment référence aux tensions internes qualifiées de « chicayas » par le chef de l’État.
Les critiques s’appuient également sur le rapport sur la décentralisation remis en 2024 par l’ancien ministre Éric Woerth, qui évoquait une intercommunalité arrivée « dans l’impasse », tant sur le plan politique que financier.
Selon l’exposé des motifs de la proposition de loi, la métropole n’aurait pas atteint ses objectifs initiaux d’harmonisation, de simplification administrative et de cohérence territoriale. Le texte prévoit sa suppression dans un délai de trois mois après la promulgation de la loi. Une conférence des maires des communes concernées serait ensuite organisée sous l’autorité du préfet des Bouches-du-Rhône afin de définir un nouveau schéma départemental de coopération intercommunale.
Les compétences exercées par la métropole seraient redistribuées entre de nouveaux établissements publics de coopération intercommunale. Le texte prévoit également une consultation des habitants des territoires concernés, dans un délai maximal de deux ans suivant la promulgation de la loi. Pour compenser le coût de la suppression, la proposition prévoit la création d’une taxe additionnelle sur le tabac.
Cette initiative intervient dans un contexte politique local déjà tendu. Elle risque d’accentuer les tensions entre Sébastien Delogu et Martine Vassal, présidente de la métropole et du département des Bouches-du-Rhône, également candidate de la droite et du centre aux élections municipales. La métropole a par ailleurs récemment déposé plainte contre le député LFI à la suite de propos tenus sur l’antenne d’Ici Provence, dans lesquels il dénonçait un « système clientélaire corrompu » au sein de l’institution.
