Officiellement investi pour les municipales de 2026, Gérald Canon conduira la liste « Rendez-nous Villeurbanne » pour le Rassemblement national. Absent du conseil municipal depuis 2020, le RN veut capitaliser sur ses bons scores aux européennes et aux législatives pour retrouver des élus dans une ville toujours largement ancrée à gauche.
Le Rassemblement national aura bien un candidat à Villeurbanne en mars 2026. Selon Tribune de Lyon, Gérald Canon conduira la liste « Rendez-nous Villeurbanne » avec un objectif assumé: « Mon objectif, c’est d’être maire », tout en visant au minimum le retour du RN au conseil municipal, où le parti a disparu en 2020.
Un RN absent du conseil municipal depuis 2020
Villeurbanne est longtemps restée un bastion de gauche, et cela se voit dans la composition du conseil municipal. Lors du scrutin de 2020, la liste de Thibaut Garnier avait obtenu 7,63 % des voix au premier tour, loin du seuil des 10 % nécessaire pour se maintenir au second tour dans une ville de cette taille.
D’après les données compilées par le ministère de l’Intérieur et reprises par Wikipedia, le Rassemblement national a ainsi perdu les quatre sièges qu’il détenait jusque-là, faute d’atteindre le seuil lui permettant d’être présent au second tour ou de fusionner avec une autre liste.
C’est ce « retour » que Gérald Canon veut désormais acter: replacer le RN dans l’assemblée municipale, ce qui suppose de franchir le cap des 10 % au premier tour, puis de peser dans l’entre-deux tours, dans une ville où la gauche reste, pour l’instant, très majoritaire.
Un candidat RN qui met la sécurité au centre de son message
Selon Le Progrès, Gérald Canon a officialisé sa candidature le 21 novembre, après avoir convaincu une commission d’investiture du RN décrite comme « extrêmement sévère ». Il affirme vouloir « rétablir la sécurité » à Villeurbanne et évoque une « insécurité galopante » pour justifier son engagement.
Son positionnement colle à la ligne nationale du parti: faire de la délinquance, de l’ordre public et de l’immigration les thèmes centraux de la campagne municipale, y compris dans une commune plutôt marquée à gauche dans les scrutins nationaux.
Le profil du candidat n’est pas celui d’un novice complet. Selon son profil professionnel public, Gérald Canon est ingénieur de formation, cadre dirigeant dans le secteur des infrastructures et de la mobilité, et a exercé des fonctions de direction au sein du Cerema, établissement public de l’État spécialisé dans l’ingénierie territoriale.
Capitaliser sur les bons scores nationaux du RN
Si le RN a disparu du conseil municipal, il reste loin d’être marginal dans les urnes. Aux élections européennes de 2024, la liste de Jordan Bardella est arrivée deuxième à Villeurbanne avec 16,74 % des voix, derrière la liste de la France insoumise (25,20 %) et au coude à coude avec la liste socialiste de Raphaël Glucksmann (16,63 %).
Aux législatives de 2024, dans la sixième circonscription du Rhône, qui correspond au périmètre de la commune, le RN s’est également installé dans le paysage avec près de 19 % des suffrages au premier tour, même s’il n’a pas franchi la barre pour accéder au second tour, remporté par le candidat du Nouveau Front populaire.
Pour Gérald Canon, l’enjeu sera de transformer ces scores réguliers à deux chiffres en représentation municipale, dans un scrutin où le mode de scrutin par liste et la prime majoritaire favorisent les grandes coalitions, pas les candidatures isolées.
Une campagne dans un paysage déjà très chargé
Le RN ne part pas seul dans un désert politique. Le champ est déjà saturé à gauche comme à droite.
Selon Le Progrès, La France insoumise a décidé de rompre avec la majorité municipale sortante: l’adjoint aux solidarités, Mathieu Garabedian, conduira sa propre liste face au maire socialiste.
À droite, l’ancien député Marc Fraysse a été investi chef de file des Républicains à Villeurbanne, comme l’a confirmé Tribune de Lyon.
Du côté socialiste, la situation est plus floue, mais les différents signaux envoyés par la presse locale et nationale laissent peu de doutes: la gauche municipale ne compte pas abandonner son fief. Plusieurs figures socialistes, dont l’ancien maire Jean Paul Bret et l’équipe actuelle autour de Cédric Van Styvendael, travaillent à une offre de rassemblement, dans un contexte où la gauche résiste encore fortement à Villeurbanne, comme l’ont montré les européennes et les législatives de 2024.
Dans ce paysage où LFI joue la rupture avec les socialistes, où la droite classique cherche à reconstruire une présence municipale, la liste « Rendez-nous Villeurbanne » de Gérald Canon se positionne comme le véhicule du vote RN dans une ville où le parti n’a plus d’élus, mais dispose d’une base électorale réelle.
Pour le Rassemblement national, l’élection de 2026 sera un test: savoir si, dans une grande ville universitaire et populaire comme Villeurbanne, la poussée observée aux scrutins nationaux peut se traduire, enfin, par un retour dans l’hémicycle municipal. C’est ce que Gérald Canon veut transformer en fait politique en mars prochain.
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