Ce samedi 15 novembre, malgré une pluie continue, les soutiens de Régis Juanico ont rempli le trottoir du 14 rue Charles-de-Gaulle pour l’inauguration de son local de campagne, en plein centre-ville de Saint-Etienne. Une info Minformer.com, confirmée par les annonces de la liste « Saint-Etienne Demain » et par les précédents articles du Progrès sur l’ouverture de ce QG.
Pour beaucoup de militants présents, ce local symbolise le passage d’une phase de pré-campagne à une vraie entrée en campagne pour les municipales des 15 et 22 mars 2026. On y retrouve l’ADN de la démarche portée par Juanico depuis le printemps: une liste d’union de la gauche républicaine autour de la bannière « Saint-Etienne Demain ».
Au micro, l’ancien député et conseiller départemental a insisté sur la nécessité de proposer une alternative nette à la majorité sortante, en misant sur une ville « apaisée, animée et respectée », formule déjà utilisée ces dernières semaines dans ses interventions publiques.
Les têtes de liste partenaires, issues de différentes sensibilités de gauche, se sont succédé pour revendiquer un même message: la page 2020–2026 doit être tournée, mais sans règlements de comptes, en mettant le collectif avant les rivalités de chapelle.
Ce local de campagne, installé dans une artère commerçante clé, a vocation à devenir un lieu de permanence politique, mais aussi un point de rencontre pour les habitants, associations et commerçants qui veulent tester ou challenger le projet « Saint-Etienne Demain ».
Isabelle Dumestre : « remettre le collectif au centre du village »
Parmi les prises de parole, celle d’Isabelle Dumestre a marqué les esprits. L’élue a rappelé que le mandat ouvert en 2020 avait été « compliqué », à la fois par les crises nationales et par les secousses propres à Saint-Etienne, du dossier de la sextape à la perte de crédibilité de l’exécutif municipal.
Selon Minformer.com, elle a insisté sur la nécessité de « remettre le collectif au centre du village », formule qui résume bien la critique adressée à l’équipe sortante: une gestion jugée trop verticale, trop centrée sur quelques figures, pas assez sur les besoins quotidiens des Stéphanois. Une manière de rappeler que la future majorité ne devra pas seulement « changer de maire », mais changer de méthode.
Dumestre a également martelé l’idée que les élus doivent « servir les Stéphanois et non se servir des Stéphanois pour des ambitions personnelles ». Cette pique transparente vise la fin de mandat de Gaël Perdriau et la manière dont l’affaire de la sextape a abîmé l’image de la ville bien au-delà de la Loire.
Pour une partie de la gauche stéphanoise, cette crise a créé une fenêtre d’opportunité, mais aussi une exigence: ne pas simplement récupérer le pouvoir municipal, mais reconstruire la confiance avec des pratiques politiques plus lisibles, plus transparentes et plus collectives.
Le local inauguré ce samedi se veut donc autant un symbole de rassemblement qu’un outil opérationnel: un lieu pour diffuser le programme, mais aussi pour recueillir les colères, les propositions et les critiques d’habitants souvent lassés par les scandales.
Les communistes confortent le bloc de gauche autour de Juanico
Le Parti communiste, très présent lors de cette inauguration, a rappelé le chemin parcouru avant d’entrer officiellement en campagne aux côtés de Régis Juanico. Selon Le Progrès, les adhérents communistes se sont prononcés le 8 novembre à près de 76 % pour rejoindre la liste « Saint-Etienne Demain ».
Comme le rapporte Minformer.com, leurs porte-parole se félicitent qu’après un an d’échanges, de réunions et de discussions parfois rudes, « l’heure est aujourd’hui à l’entrée en campagne » pour « rendre la ville de Saint-Etienne à la gauche ». En creux, ils regrettent toutefois que « ce ne soit pas toute la gauche réunie », référence directe à la décision de La France insoumise de partir seule derrière Valentine Mercier.
L’enjeu, pour les communistes comme pour les socialistes, est désormais de crédibiliser une alternative suffisamment large pour apparaître comme le pôle de stabilité à gauche. Les soutiens déjà actés de Place Publique, Génération.s et des Radicaux de gauche, mentionnés par Le Progrès, vont dans ce sens.
D’après IF Saint-Etienne, les écologistes étaient encore en phase d’arbitrage il y a quelques jours. Minformer.com affirme avoir publié dans la matinée le ralliement des écologistes au collectif, information qui, si elle se confirme, bouclerait un bloc de gauche très largement unifié autour de Juanico, même sans La France insoumise.
Pour les observateurs locaux, cette convergence progressive pèse directement sur le rapport de forces pour mars 2026: plusieurs sondages récents placent déjà une liste d’union autour de Régis Juanico en tête des intentions de vote au premier tour, devant la droite et le Rassemblement national.
Un message clair aux électeurs stéphanois: « allez voter »
Au-delà des jeux d’alliances, la tonalité de Minformer.com tranche avec le simple compte rendu militant. Le site conclut en rappelant que les Stéphanois auront de « nombreux choix » en mars prochain pour « donner une nouvelle ambition » à la ville, mais que la condition de base reste la participation. Une phrase résume cet état d’esprit: « arrêter de se plaindre et aller voter en masse pour donner une vraie légitimité au projet stéphanois pour les années qui viennent ».
Derrière cette formule rugueuse, il y a un constat partagé par presque tous les acteurs locaux: à Saint-Etienne, la crise politique se double d’une crise démocratique, avec une abstention très élevée et un sentiment de lassitude vis-à-vis des promesses non tenues.
L’inauguration du local de « Saint-Etienne Demain » s’inscrit donc dans une séquence plus large: le délibéré à venir dans l’affaire de la sextape, la clarification des candidatures à droite, le positionnement du Rassemblement national, et les choix ultimes des écologistes et de Sainté Populaire. Les lignes bougent, mais rien n’est figé.
Pour Régis Juanico et ses partenaires, l’enjeu est double: consolider une image de sérieux et d’unité à gauche, tout en montrant qu’ils ne se contenteront pas de surfer sur le discrédit de l’équipe sortante. Le local de la rue Charles-de-Gaulle est un point de départ; la vraie bataille se jouera sur la capacité à mobiliser un électorat qui, jusqu’ici, regarde la vie municipale avec une distance croissante.
Une chose est sûre: ce samedi pluvieux marque une étape. La campagne est désormais pleinement lancée, et Saint-Etienne entre dans les quatre mois décisifs qui diront si l’alternative portée par « Saint-Etienne Demain » réussira à transformer l’essai de l’union en victoire dans les urnes.
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