les Écologistes stéphanois ont voté à 75 % pour rejoindre l’union de gauche menée par Régis Juanico en vue des municipales 2026, aux côtés du PS, du PCF et de plusieurs mouvements alliés. Un choix qui confirme la stratégie d’union au premier tour face à une droite fragilisée et à une extrême droite en embuscade.
Les adhérents stéphanois des Écologistes ont rendu leur verdict. Selon le communiqué publié par le mouvement et relayé par Minformer.com, 75 % d’entre eux ont approuvé le principe de rejoindre l’union en construction avec le Parti socialiste, le Parti communiste, Saint-Étienne Demain, les Radicaux de gauche, Place Publique et Génération.s, avec l’espoir d’y associer aussi Sainté Populaire.
Ce vote confirme une ligne déjà esquissée lors de l’assemblée générale de septembre, où la stratégie d’union avait été actée et les binômes Olivier Longeon et Julie Tokhi reconduits comme chefs de file écologistes pour les municipales.
Contrairement à 2020, où les écologistes étaient partis séparément au premier tour avant de rejoindre la gauche au second, ils s’alignent cette fois dès le départ sur une liste commune, portée politiquement par Régis Juanico et le collectif Saint-Étienne Demain.
Pour les Écologistes, cette clarification anticipée doit éviter les fractures du passé et donner de la lisibilité aux électeurs de gauche, dans une ville où l’abstention avait fortement pesé lors du scrutin de 2020.
Une gauche presque recomposée
Ce ralliement vient compléter un bloc de gauche déjà en cours de recomposition. Le 8 novembre, les communistes stéphanois ont voté à 76 % pour rejoindre la liste conduite par Régis Juanico, choix salué comme un « signal fort » d’union par les proches de l’ancien député.
Dans le même temps, la France insoumise a acté sa décision de partir avec sa propre tête de liste, ce qui laisse l’union « large » mais non exhaustive à gauche, comme l’ont déjà relevé plusieurs médias locaux.
En face, la droite locale se prépare autour de la bannière « Saint-Étienne Ensemble 2026 », emmenée par l’ancien député LR Dino Cinieri, désigné chef de file après un processus interne entre plusieurs figures de la droite et du centre.
Le tout se joue dans un contexte politique marqué par l’ombre du dossier Perdriau et par une extrême droite bien installée dans le paysage électoral stéphanois depuis les derniers scrutins nationaux et européens.
Les écologistes assument clairement leur lecture du rapport de forces : selon leur communiqué, « l’union de la gauche et des écologistes est la seule voie pour gagner en 2026 » et tourner la page du mandat actuel.
Un projet écologiste et humaniste mis en avant
Dans leur texte, Olivier Longeon et Julie Tokhi insistent sur le contenu du projet qu’ils entendent porter à l’intérieur de cette alliance. Ils annoncent un axe « profondément écologiste et humaniste », centré sur la qualité de vie des habitants : végétalisation massive, développement des mobilités actives, apaisement urbain, justice sociale et transition énergétique assumée.
L’idée affichée est de faire de Saint-Étienne une ville « plus respirable, plus accueillante et plus attirante », en réponse à une image dégradée par les affaires et par les tensions politiques locales de ces dernières années.
Ce positionnement s’inscrit dans la stratégie nationale des Écologistes, qui cherchent à peser dans les grandes villes en acceptant des compromis d’alliance, tout en sécurisant des marqueurs forts sur le climat, les transports et l’urbanisme.
Localement, le duo Longeon–Tokhi met aussi en avant une méthode : ouvrir le projet à la société civile, aux collectifs de quartiers et aux acteurs associatifs, pour sortir d’un face-à-face purement partisan avec la majorité sortante.
Une union encore ouverte aux dernières forces de gauche
Les Écologistes concluent leur communiqué en appelant « l’ensemble des acteurs et actrices de la gauche locale » à rejoindre cette union, explicitement présentée comme « large, utile et gagnante ».
Sainté Populaire est cité comme force encore espérée dans le rassemblement, alors que les discussions ont déjà connu plusieurs phases d’avancées et de blocages ces derniers mois.
Dans le paysage d’ores et déjà esquissé pour mars 2026, l’électeur stéphanois devrait donc retrouver au moins trois grands pôles identifiés : une droite rassemblée, une gauche unifiée autour de Juanico sans la France insoumise, et une liste LFI autonome, à côté d’un Rassemblement national qui entend capitaliser sur ses scores nationaux récents.
Reste à savoir si cette union à gauche, désormais validée chez les écologistes, suffira à transformer l’essai dans les urnes, dans une ville où la question de la participation et de la confiance dans la classe politique demeure centrale depuis le précédent mandat.
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