Á Saint Étienne, les communistes votent à 76 % pour rejoindre la liste Saint Étienne Demain de Régis Juanico, tandis que LFI part seule et que les écologistes n’ont pas encore tranché.
D’après les informations du Progrès, les communistes stéphanois ont tranché le 8 novembre: à près de 76 %, les militants ont choisi de rejoindre la liste conduite par Régis Juanico pour les municipales de mars 2026.
L’annonce intervient alors que le chef de file de Saint Étienne Demain inaugurera son local de campagne ce samedi 15 novembre à 10 h 30, au 14 rue Charles de Gaulle, en présence de représentants du Parti communiste français.
Ce ralliement parachève un patient travail de rapprochement entre l’ancien député socialiste de la 1re circonscription (2007 2022), aujourd’hui conseiller départemental, et les différentes composantes de la gauche stéphanoise. Selon le même quotidien, la liste Saint Étienne Demain est déjà soutenue par Place Publique, Génération.s et les Radicaux de gauche.
Sur les réseaux de soutien à Régis Juanico, ce choix est présenté comme une étape décisive pour bâtir un bloc de gauche crédible face à la majorité sortante et aux alliances de droite qui se structurent parallèlement sous la bannière Saint Étienne Ensemble 2026.
Une union partielle: PCF dedans, LFI dehors, écologistes en suspens
Ce rapprochement avec le PCF ne gomme pas toutes les fractures. Toujours selon Le Progrès, aucune entente n’a pu être trouvée avec La France insoumise, qui a choisi de présenter sa propre liste conduite par Valentine Mercier. La militante, déjà mise en avant par le mouvement début octobre, a été désignée pour porter un programme de « gauche de rupture » aux municipales stéphanoises.
Le média local If Saint Etienne rappelle que les discussions entre socialistes et insoumis avaient déjà achoppé cet automne, actant la fin d’un scénario d’union totale au premier tour.
Le vote des communistes vient donc stabiliser un premier pôle à gauche, sans régler la question d’une éventuelle convergence avec la liste LFI entre les deux tours.
Reste aussi l’inconnue écologiste. Les élus et militants EELV doivent encore se prononcer sur la stratégie à adopter: rejoindre Saint Étienne Demain, rester sur une dynamique autonome ou s’inscrire dans une autre configuration avec des collectifs citoyens comme Sainté Populaire. C’est l’un des points clés pour mesurer, dans les prochains mois, l’ampleur réelle du rassemblement à gauche.
Un vocabulaire offensif contre le maire sortant
Dans leur communiqué, cité par Le Progrès, les communistes assument un ton offensif à l’égard du maire actuel. Ils expliquent avoir « oeuvré avec conviction pour réussir l’union la plus large possible » et estiment que, « dans le contexte politique local actuel, la gauche se doit de mettre hors d’état de nuire le premier magistrat de la ville et proposer un programme progressiste qui redonnera envie d’habiter Saint Étienne ».
Ces formulations s’inscrivent dans un climat déjà très tendu autour du procès visant Gaël Perdriau, jugé dans le dossier du chantage à la vidéo intime, comme l’a rappelé récemment un article du Monde consacré à la campagne municipale stéphanoise.
Pour une partie de la gauche, l’enjeu dépasse la seule alternance politique: il s’agit de tourner la page d’un exécutif durablement fragilisé par cette affaire et par les ruptures au sein de l’ancienne majorité.
En face, la coalition de droite et du centre « Saint Étienne Ensemble 2026 », regroupant notamment LR, MoDem, Renaissance, UDI et des radicaux, cherche elle aussi à se présenter comme une solution de sortie de crise, au risque de devoir composer avec son propre bilan aux côtés du maire sortant. C’est dans ce paysage déjà saturé que vient désormais s’inscrire l’offensive de la liste Juanico élargie aux communistes.
Un « signal fort » mais un rapport de forces encore ouvert
Pour Régis Juanico, ce ralliement est présenté comme un marqueur de crédibilité. Le Progrès rapporte ses mots: « c’est un signal fort: celui d’une gauche qui sait se rassembler autour de l’essentiel, pour Saint Étienne et pour ses habitants. Ce rassemblement s’adresse à toutes celles et ceux qui souhaitent une ville apaisée, animée et respectée ».
Les premiers éléments de sondages compilés par différentes sources, notamment sur la page dédiée aux municipales 2026 à Saint Étienne, montrent toutefois que le rapport de forces reste très ouvert, avec au moins trois pôles identifiés: la droite et le centre alliés, la gauche conduite par Juanico et une liste LFI autonome.
L’enjeu, pour la liste Saint Étienne Demain, est désormais double: transformer ce soutien communiste en dynamique de terrain mesurable, et convaincre les électeurs de gauche encore hésitants que l’essentiel se jouera autour de ce bloc, même en l’absence d’accord global au premier tour. Pour les écologistes comme pour les collectifs citoyens, la fenêtre de décision se rétrécit à mesure que s’approche le dépôt officiel des listes.
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