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Municipales 2026 à Marseille : l’affaire Hassen Hammou fragilise encore un peu plus les écologistes

par Rédaction Figures Publiques
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Mis en cause pour « corruption de mineur » après un contact via le site Coco, le militant écologiste marseillais Hassen Hammou a été jugé à huis clos. Alors que le parquet a requis 18 mois de prison avec sursis et que le délibéré est attendu le 16 décembre, son statut au sein des Écologistes reste flou et la campagne municipale 2026 à Marseille s’en trouve encore un peu plus brouillée.

Un mois après la révélation de sa mise en cause pour « corruption de mineur », le militant écologiste marseillais Hassen Hammou reste au cœur d’une tempête politique qui pèse directement sur la campagne des municipales 2026. Au lendemain de son procès, le chef de file désigné des Écologistes pour Marseille a annoncé quitter le parti avant de revenir sur sa décision, sur fond de tensions internes et d’attente du délibéré prévu le 16 décembre. Selon Marsactu et Le Parisien, le parquet a requis 18 mois de prison avec sursis à l’encontre de l’élu, qui continue de contester les faits qui lui sont reprochés .

Un chef de file écologiste rattrapé par une affaire judiciaire

Hassen Hammou, 36 ans, avait été choisi mi octobre comme chef de file des Écologistes marseillais pour les municipales de 2026, après un vote interne destiné à remettre le parti en ordre de marche dans la deuxième ville de France . Quelques jours plus tard, La Provence révélait qu’il devait comparaître devant le tribunal correctionnel de Marseille pour des faits qualifiés d’ »incitation d’un mineur par un majeur utilisant un moyen de communication électronique à commettre un acte de nature sexuelle » .
Selon Marsactu, l’affaire prend sa source sur le site de discussion Coco, une plateforme de tchat en ligne fermée par la justice en juin 2024 après des milliers de procédures pour des faits de pédocriminalité, de proxénétisme ou de guet-apens . Les enquêteurs reprochent au militant d’avoir pris contact avec un adolescent de 16 ans via ce site, dans le cadre d’un échange à caractère sexuel.
Le prévenu, lui, affirme avoir été victime d’un « guet-apens ». Il explique avoir cru discuter avec une femme majeure sur un site destiné aux adultes avant de se retrouver face à deux jeunes armés de bâtons qui l’auraient dépouillé, ces derniers ayant ensuite été condamnés pour tentative d’extorsion . À la suite de la plainte déposée par la mère de l’un des adolescents, la justice a néanmoins choisi de poursuivre aussi Hassen Hammou.

Un procès sous huis clos et une défense qui revendique l’innocence

Le 13 novembre, le procès s’est tenu à huis clos devant le tribunal correctionnel de Marseille. D’après les comptes rendus publiés notamment par Marsactu et Le Parisien, le parquet a requis dix-huit mois de prison avec sursis probatoire, assortis d’un suivi et d’une inscription au fichier des auteurs d’infractions sexuelles . Le délibéré est attendu le 16 décembre, une date qui pèsera lourd sur la suite de la campagne municipale.
Pendant l’audience, Hassen Hammou a maintenu sa version d’un rendez-vous initialement consenti avec une personne qu’il pensait majeure, en insistant sur l’absence de volonté de rencontrer un mineur. Son avocat souligne, selon Marsactu, qu’aucun élément matériel décisif ne prouverait une intention de commettre une infraction sexuelle sur un mineur, et que le contexte général autour du site Coco – déjà au cœur de nombreuses affaires pénales – a pu peser sur l’interprétation du dossier .
Cette ligne de défense s’appuie aussi sur un argument politique : le timing. Le militant écologiste voit dans la révélation de ce dossier, dix-huit mois après les faits et juste après sa désignation comme chef de file, un « moment très opportun » pour fragiliser son camp, analyse que mentionne Le Monde en retraçant la chronologie de l’affaire . Reste que, pour l’instant, seule la décision du tribunal fixera la qualification judiciaire retenue ou non à son encontre.

Les Écologistes marseillais en pleine crise de crédibilité

Sur le plan politique, les conséquences sont déjà visibles. Dès la mi octobre, après la première vague de révélations, Hassen Hammou s’est mis « en retrait » de son rôle de chef de file, et le bureau exécutif des Écologistes l’a suspendu à titre conservatoire de ses fonctions nationales dans l’attente du jugement . Fin octobre, le parti a désigné un coordinateur pour reprendre la conduite de la campagne municipale, signe d’un réajustement d’urgence dans un paysage déjà fragmenté à gauche .
Au lendemain du procès, l’affaire a pris un nouveau tournant. Comme l’a repéré Marsactu, Hassen Hammou a publié un message annonçant quitter le parti et se définir désormais comme « écologiste indépendant », avant de supprimer ce texte quelques heures plus tard. Contacté ensuite par le média local, il a expliqué qu’il ne quittait finalement pas les Écologistes, évoquant une « erreur » de communication et indiquant qu’il déciderait de son avenir politique après le délibéré du 16 décembre .
Cette séquence brouille encore un peu plus le message des écologistes marseillais, déjà divisés entre partisans d’une alliance élargie avec le Printemps marseillais de Benoît Payan et ceux qui se rapprochent de La France insoumise ou d’autres mouvements citoyens. Les négociations pour constituer une liste d’union à gauche se déroulent désormais dans l’ombre de ce dossier, qui alimente les critiques sur la manière dont les partis sélectionnent et vérifient leurs têtes d’affiche.

Une affaire qui interroge la sélection des candidats à quelques mois du scrutin

Au-delà du seul cas d’Hassen Hammou, cette affaire souligne plusieurs angles morts récurrents dans la vie politique locale. D’abord, la difficulté des formations à détecter en amont les procédures judiciaires visant certains de leurs cadres. Dans ce dossier, plusieurs responsables écologistes reconnaissent, selon Le Monde et Marsactu, n’avoir eu aucune alerte formelle avant de valider la désignation du militant comme chef de file .
Ensuite, la séquence rappelle combien les outils numériques jouent désormais un rôle central, y compris dans les dossiers politico-judiciaires. Le fait que l’affaire prenne racine sur Coco, un site de tchat déjà accusé d’avoir servi de support à de nombreux crimes et délits, renvoie à la question plus large de la protection des mineurs en ligne et des responsabilités partagées entre plateformes, pouvoirs publics et utilisateurs . À Marseille comme ailleurs, ce débat dépasse le seul cadre partisan.
Enfin, la situation met en lumière les risques d’instabilité au moment où la campagne pour les municipales 2026 s’intensifie, avec la candidature déjà officialisée du député LFI Sébastien Delogu et le positionnement attendu du maire sortant Benoît Payan . Pour les électeurs marseillais, la question ne sera pas seulement de trancher entre des programmes, mais aussi de juger la manière dont chaque camp traite les mises en cause et protège l’exigence d’exemplarité.

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