À cinq mois du premier tour, la campagne municipale lyonnaise prend forme. Entre figures confirmées et nouveaux visages, les ambitions se précisent et laissent entrevoir une bataille inédite pour la capitale des Gaules.
Grégory Doucet, le maire sortant en quête d’un second souffle
Le maire écologiste Grégory Doucet a officialisé dès la rentrée sa volonté de repartir pour un second mandat. Son équipe mise sur la continuité d’un projet axé sur la transition écologique, la végétalisation et les mobilités douces.
Mais l’élu vert sait qu’il devra défendre un bilan contrasté : apprécié pour sa cohérence environnementale, critiqué pour sa gestion jugée trop rigide par certains acteurs économiques. Ses soutiens, au sein d’une alliance écologiste et socialiste, espèrent maintenir l’unité dès le premier tour pour éviter les divisions qui pourraient profiter à la droite.
Jean-Michel Aulas, l’entrée en politique du patron charismatique
C’est l’autre grande annonce de cette campagne : Jean-Michel Aulas se lance officiellement dans la bataille. L’ancien président de l’Olympique lyonnais, habitué aux arènes sportives, entre dans le jeu politique avec l’audace qu’on lui connaît.
Sa lettre ouverte aux Lyonnais, publiée fin septembre, a marqué un tournant. Il y promet une « gestion pragmatique, ambitieuse et apaisée » de la ville. S’il revendique une démarche sans étiquette, il peut compter sur le soutien de plusieurs figures de la droite et du centre, à commencer par Laurent Wauquiez.
Son profil de chef d’entreprise séduit une partie de l’électorat lassée des querelles partisanes. Mais ses détracteurs l’accusent déjà de transformer la mairie en club de direction. Aulas, lui, assume : « Gouverner une ville, c’est aussi savoir gérer une équipe. »
Georges Képénékian, le retour discret de l’ancien maire
Moins bruyant, mais bien présent, Georges Képénékian prépare son retour. Ancien maire intérimaire de Lyon après Gérard Collomb, il joue la carte de l’expérience. Ni parti, ni grande machine électorale derrière lui, mais une image d’homme de terrain.
Son discours séduit les modérés, ceux qui regrettent une certaine « stabilité collombienne ». Reste à voir s’il parviendra à transformer ce capital sympathie en dynamique électorale réelle.
Nathalie Perrin-Gilbert, la voix libre de la gauche
À gauche, Nathalie Perrin-Gilbert fait entendre une musique différente. L’ancienne maire du 1er arrondissement, toujours attachée à ses convictions, repart à la bataille avec une équipe rajeunie.
Elle défend une ligne plus sociale, centrée sur le logement, la culture et la démocratie participative. Son objectif : faire exister une autre voie à gauche, sans se fondre totalement dans l’appareil écologiste.
Anaïs Belouassa-Cherifi et les Insoumis à l’affût
La députée Anaïs Belouassa-Cherifi (LFI) pourrait également se lancer dans la course. Rien d’officiel encore, mais plusieurs réunions publiques ont déjà eu lieu. L’élue se positionne sur une ligne de rupture avec « la gestion verte-bourgeoise » actuelle, selon ses mots.
Une candidature LFI isolée fragiliserait un peu plus le bloc de gauche, déjà éclaté entre écologistes, socialistes, insoumis et indépendants.
La droite radicale, en quête d’ancrage local
Côté extrême droite, Alexandre Humbert Dupalais conduira la liste commune entre l’UDR et le Rassemblement national. Il entend faire campagne sur les thèmes de la sécurité, de la propreté et de l’autorité municipale.
Un discours qui pourrait trouver un écho dans certains arrondissements populaires, même si le RN peine toujours à s’implanter durablement dans le cœur lyonnais.
Un scrutin plus ouvert que jamais
Avec la réforme du mode de scrutin qui rendra les maires d’arrondissement directement élus, la bataille s’annonce encore plus complexe qu’en 2020. Les alliances devront se construire finement, arrondissement par arrondissement, tout en gardant une cohérence métropolitaine.
Les premiers sondages montrent un duel serré entre Aulas et Doucet, avec un avantage très léger pour le maire sortant lorsque la gauche reste unie. Mais dans le cas contraire, l’ancien patron de l’OL pourrait créer la surprise.
Cette campagne lyonnaise s’annonce moins idéologique que pragmatique. Chacun tente de séduire un électorat exigeant, partagé entre fierté locale, préoccupations écologiques et impatience face à la gestion municipale.
Lyon, habituée aux équilibres subtils, s’apprête à vivre une élection où rien n’est encore joué.
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