samedi 24 janvier 2026
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Municipales 2026 à Lyon : Grégory Doucet face à la menace de Jean-Michel Aulas dans une ville fracturée

par Rédaction Figures Publiques
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Grégory Doucet, maire écologiste sortant de Lyon, aborde l’échéance municipale de 2026 en position paradoxale : bien qu’aux commandes depuis la vague verte de 2020, il apparaît aujourd’hui comme challenger face à Jean-Michel Aulas, homme d’affaires et figure du sport local, que les derniers sondages placent en tête des intentions de vote.

Les cinq années de mandat écologiste ont profondément transformé la ville. Végétalisation, création de nouvelles voies cyclables, instauration d’une zone à trafic limité (ZTL) en Presqu’île, investissements massifs dans le plan nature : les équipes de Grégory Doucet et de Bruno Bernard à la métropole revendiquent une réorientation écologique inédite, avec 141 millions d’euros engagés et près de 30 hectares rendus à la nature à Lyon, plus de 250 000 arbres plantés à l’échelle de la métropole et une désimperméabilisation accélérée des sols.

Mais la politique conduite a aussi cristallisé de nombreuses critiques. Sur la sécurité, Jean-Michel Aulas cible « les fake news » du maire sortant et accuse l’exécutif local de laxisme : la question des effectifs de la police municipale, officiellement portés à 311 agents selon la mairie, reste contestée par le syndicat FO qui dénonce une communication trompeuse. Le ministère de l’Intérieur a recensé, pour 2024, une explosion du nombre d’homicides (+42 % en un an), ainsi qu’une hausse sensible des tentatives d’homicide et un total de plus de 43 800 crimes et délits enregistrés à Lyon. Dans ce contexte, la tension avec les forces de l’ordre s’est aggravée, les agents dénonçant une réorganisation interne et appelant à la mobilisation le 24 décembre.

Sur la mobilité, la majorité écologiste défend le vaste chantier des Voies lyonnaises, censé offrir à terme le plus grand réseau cyclable continu de France métropolitaine : mais seules 170 à 180 km sur les 250 promis devraient être livrés à l’horizon 2026, un réseau jugé « encore trop discontinu » et « de qualité inégale » par l’association La Ville à vélo, qui fixe aux prochains élus un objectif de 100 km supplémentaires d’ici 2032. La circulation automobile, repoussée hors du centre avec la ZTL, reste un point de crispation, alimentant embouteillages et pertes d’attractivité commerciale : la vacance des locaux en Presqu’île atteint désormais 7,5 %, contre 4,2 % en 2021.

Sur le logement enfin, la crise s’est aggravée. Malgré un plan d’urgence doté de 10 millions d’euros et la création d’une foncière solidaire pour racheter et rénover des logements vacants, le nombre de personnes sans domicile dans le Rhône a doublé en dix ans : selon Alynea – Samu Social 69, elles sont désormais 14 000 dans l’agglomération.

Face à ce bilan contrasté, la droite lyonnaise, emmenée par Jean-Michel Aulas et Véronique Sarselli, promet une rupture sur la méthode et la politique de mobilité : refonte annoncée de la ZTL, priorité donnée à la sécurité, réponse renforcée à la crise du logement. Pour Grégory Doucet, la bataille de 2026 s’annonce d’autant plus incertaine que l’électorat, lassé par les tensions sur le terrain et les polémiques autour de la gouvernance, pourrait se montrer volatile. Le scrutin à venir s’annonce comme un test décisif pour la stratégie écologiste à l’échelle d’une grande métropole française.

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