Retour sur la candidature de Jean-Michel Aulas à la mairie de Lyon en 2026, entre officialisation de son mouvement Cœur lyonnais, alliances politiques et présence à l’événement solidaire Soupe en Scène aux côtés des Lyonnais.
Plaisir affiché, bol de soupe à la main, et message clair : venir en aide aux plus fragiles. En participant à Soupe en Scène, festival solidaire porté par le chef Fabrice Bonnot place de la République à Lyon, Jean-Michel Aulas s’est offert un moment de proximité avec les Lyonnais, tout en assumant désormais une nouvelle casquette, celle de candidat déclaré à la mairie pour les municipales de 2026.
Soupe en Scène n’est pas un événement politique au sens strict. C’est d’abord un rendez-vous caritatif, imaginé par l’association Envie d’un sourire et le chef Fabrice Bonnot, avec au programme ventes de soupes, concerts et animations au profit d’associations qui viennent en aide aux personnes en grande précarité.
Mais dans une campagne municipale, chaque lieu de solidarité devient aussi un espace de visibilité. La présence de Jean-Michel Aulas, accompagné d’élus locaux comme le maire du 2e arrondissement Pierre Oliver, est mise en avant par son entourage comme la preuve d’un ancrage de terrain et d’un intérêt pour les enjeux sociaux. Le mouvement Cœur lyonnais évoque lui-même « un beau moment de solidarité et de proximité avec les Lyonnais ».
Une candidature désormais officielle pour 2026
L’ancien président de l’Olympique lyonnais a officialisé sa candidature à la mairie de Lyon le 25 septembre 2025, dans une lettre adressée aux habitants et largement relayée par la presse nationale et locale. L’Équipe, Le Progrès, RTL et Public Sénat rappellent que cette entrée en lice met fin à des mois de rumeurs et de préparation en coulisses.
Dans ce courrier, Jean-Michel Aulas présente sa démarche comme un « engagement total » pour la ville, en créant son propre mouvement, Cœur lyonnais, qu’il décrit comme une offre issue de la société civile et non comme la candidature d’un parti classique.
Il affrontera notamment le maire sortant Grégory Doucet, qui brigue un second mandat sous l’étiquette écologiste, ainsi qu’une offre de gauche en recomposition autour, entre autres, de la députée Anaïs Belouassa-Cherifi, dont la préparation de la candidature est suivie par Le Monde.
Cœur lyonnais, un mouvement soutenu par le bloc central
D’après Le Monde et Public Sénat, la candidature de Jean-Michel Aulas s’inscrit dans une stratégie plus large portée par le bloc central, qui cherche à fédérer du centre gauche à la droite républicaine pour reprendre la mairie de Lyon en 2026.
Un accord a été noué avec Laurent Wauquiez et la droite lyonnaise autour de son nom, tandis que des passerelles sont évoquées avec des élus issus de la majorité présidentielle. Ce positionnement lui permet de se présenter comme un chef d’entreprise venu « mettre de l’ordre » dans la gestion municipale, tout en assumant un discours très critique envers l’équipe écologiste en place, qu’il accuse de conduire la ville dans une « décadence absolue », selon ses propos rapportés par RTL.
Cette stratégie n’est pas exempte de tensions. La presse fait état de débats autour de l’utilisation du microparti fondé par Gérard Collomb, « Prendre un temps d’avance », dont la transmission à l’équipe Aulas est contestée par la veuve de l’ancien maire. Le sujet renvoie à une question classique en politique locale : jusqu’où peut-on s’appuyer sur les héritages et les réseaux d’un ancien exécutif pour en proposer une alternative crédible.
Une campagne qui se construit par séquences de terrain
Depuis l’officialisation de sa candidature, Jean-Michel Aulas multiplie les signaux publics : réunions dans les arrondissements, visite de marchés, prise de parole sur la sécurité, les transports ou la propreté, et désormais participation visible à des événements comme Soupe en Scène.
Ses interventions médiatiques insistent sur quelques axes récurrents, relevés par RTL et Le Progrès : audit des finances de la ville et de la métropole, volonté de « ramener Lyon à un modèle de gestion exemplaire », critique de certains choix d’aménagement et de mobilité, et promesse de concilier attractivité économique et exigence environnementale.
En se montrant à Soupe en Scène, l’ancien patron de l’OL choisit une image très lisible : celle d’un candidat présent sur un événement populaire, solidaire, centré sur les personnes en difficulté. Reste que, dans une ville où les clivages politiques sont déjà installés et où plusieurs candidatures fortes se dessinent, cette séquence ne constituera qu’un élément parmi d’autres dans une campagne qui s’annonce longue, disputée et fortement scrutée au niveau national.
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