Après la condamnation de Gaël Perdriau à quatre ans de prison ferme et cinq ans d’inéligibilité dans l’affaire de la sextape, les élus des groupes « Saint-Étienne Demain » et « Le Temps de l’Écologie », ainsi que plusieurs parlementaires de gauche, saluent un jugement « exemplaire » et réclament une démission collective des élus de la majorité. Le PCF stéphanois parle lui aussi de « soulagement » et d’une page qui se tourne pour la ville, à quelques mois des municipales de 2026.
Reconnu coupable de chantage, détournement de fonds publics et association de malfaiteurs dans l’affaire de la sextape visant son ancien premier adjoint Gilles Artigues, le maire de Saint-Étienne, Gaël Perdriau, a été condamné ce lundi 1er décembre à quatre ans de prison ferme et cinq ans d’inéligibilité avec exécution immédiate, selon RTL repris par le Le Dauphiné libéré. Le tribunal correctionnel de Lyon l’a déclaré « entièrement coupable » et la présidente lui a lancé: « Vous ne pouvez plus être le maire de Saint-Étienne, Monsieur Perdriau », phrase reprise par plusieurs médias locaux et nationaux.
À gauche, les réactions ont été immédiates. Dans un texte commun, les élus du groupe « Saint-Étienne Demain », ceux du groupe « Le Temps de l’Écologie », le député de la Loire Pierrick Courbon, les conseillers départementaux Régis Juanico et Arlette Bernard, ainsi que le conseiller régional Johann Cesa disent prendre acte d’un jugement qui « signe la fin du cauchemar pour notre ville et pour les victimes ». Ils affirment avoir d’abord « une pensée pour toutes les victimes officiellement reconnues en tant que tel par ce verdict : Gilles Artigues et sa famille, Michel Thiollière, la Ville de Saint-Étienne, et l’ensemble des Stéphanois », en espérant que la réparation est « à la hauteur du préjudice subi ».
Les élus d’opposition qualifient les sanctions de « peines lourdes, exemplaires, au-delà des réquisitions de la Procureure », y voyant la traduction de « la gravité exceptionnelle » des faits reprochés. Ils insistent particulièrement sur l’inéligibilité avec exécution provisoire, décrite comme la mesure qui apporte « un véritable soulagement pour notre ville et ses habitants ». Ils reprennent les termes de la présidente du tribunal, rappelant que « Vous ne pouvez plus être maire de Saint-Étienne, Monsieur Perdriau », et ajoutent: « N’étant plus maire, il ne pourra plus nuire à la ville, à ses agents, à son image, profondément meurtris par cette affaire. »
Le texte revient aussi sur l’attitude du maire pendant la procédure. Selon eux, « ces derniers mois, il avait tenté d’intensifier le rideau de fumée pour masquer sa responsabilité, plutôt que d’essayer de démontrer son innocence » et avait lancé avant le jugement: « On verrait bien, le 1er décembre, qui dit la vérité. » Les signataires estiment que « jusqu’au bout, Gaël Perdriau aura terni l’image de la ville mais aussi la fonction de maire par son attitude bravache, ses mensonges et ses dénégations ». Ils saluent « le travail exemplaire de la Justice » tout en prévenant qu’il faudra « du temps pour reconstruire, refermer les plaies, rattraper le temps perdu et les occasions manquées ».
Les élus de gauche pointent également la responsabilité politique des membres de l’équipe sortante. Ils rappellent qu’ils « n’oublient pas tous les élus de sa majorité qui l’ont soutenu de l’éclatement de l’affaire jusqu’au verdict » et estiment qu’ »une démission serait un devoir moral, tant cette affaire a jeté l’opprobre sur le travail des élus de tous bords qui s’investissent au quotidien pour l’intérêt général ». Selon eux, cette séquence alimente le sentiment du « tous pourris », présenté comme « le meilleur carburant de l’abstention, du populisme et des extrêmes ». Les prochaines municipales de mars 2026 sont décrites comme l’occasion de « tourner définitivement la page et de travailler au redressement de notre ville, dans l’apaisement et la sérénité ».
Dans un autre communiqué, le PCF de Saint-Étienne, par la voix de ses chefs de file Adrien Betou et Valérie Atif, se « félicite des condamnations prononcées » et parle d’un « sentiment de soulagement » à plusieurs titres. Les communistes saluent d’abord une justice qui a « su rétablir les victimes dans leurs droits ». Ils se réjouissent aussi de voir la ville et la métropole « débarrassées d’un élu irrespectueux pour ses oppositions, dans le déni jusqu’au bout, homophobe dans son stratagème », référence au caractère même du chantage mis en œuvre contre Gilles Artigues.
Les responsables du PCF estiment enfin que le fonctionnement démocratique local devrait « gagner en sérénité à la ville et à la métropole ». Selon eux, « une page s’est tournée ce matin ». Ils considèrent que la ville va pouvoir « sortir de sa léthargie » et que les Stéphanoises et Stéphanois vont pouvoir « à nouveau être fiers de leur ville », après trois années où l’image de Saint-Étienne a été fortement abîmée par cette affaire.
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