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30 maires du Grand Lyon poussent un tandem Sarselli Aulas pour reprendre la Métropole

par Rédaction Figures Publiques
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Trente maires de la Métropole de Lyon appellent à un tandem Véronique Sarselli Jean Michel Aulas pour 2026 et dénoncent une gestion écologiste jugée brutale et dogmatique. Enjeu central: le contrôle de la Métropole, coeur du pouvoir.

Trente maires de la Métropole de Lyon, issus de la droite, du centre ou sans étiquette, annoncent se ranger derrière Véronique Sarselli pour les élections métropolitaines de 2026, et appellent Jean Michel Aulas à former avec elle un tandem Métropole Mairie. Selon France 3 Auvergne Rhône Alpes, ces élus représentent une majorité des maires du Grand Lyon et assument un texte commun très offensif contre la majorité écologiste actuelle, qualifiée de « brutale et dogmatique ».

Ils avancent une feuille de route assez classique pour un bloc de centre droit: sécurité du quotidien, mobilités « fluides et apaisées », soutien aux commerces, à l’emploi et à l’économie, logement abordable, « écologie des solutions » et discipline budgétaire. Cet agenda reprend point par point les critiques déjà adressées à Bruno Bernard sur la congestion routière, les chantiers de voirie et la gestion des grands projets.
D’après Lyon Capitale, les signataires couvrent une large partie de l’est et de l’ouest lyonnais, de Bron à Saint Priest, de Tassin à Caluire, en passant par Décines, Saint Genis Laval ou Meyzieu. La maire de Sainte Foy lès Lyon, Véronique Sarselli, désignée par Les Républicains comme chef de file pour la Métropole, est au premier rang de ce collectif.
Dans leur communiqué, ces élus se présentent comme les porte voix des territoires de banlieue, qui supportent l’essentiel des flux de circulation et des tensions foncières, mais se jugent mal écoutés par l’exécutif métropolitain vert. Ils jouent clairement la carte du « ras le bol » local, en assumant une confrontation directe avec Bruno Bernard.

Un pacte Sarselli Aulas pour partager les rôles

L’appel vise autant à soutenir Sarselli qu’à mettre la pression sur Jean Michel Aulas. Pour Lyon Capitale et LyonMag, le texte demande explicitement à l’ancien président de l’OL de s’associer à un « pacte de responsabilité » où il prendrait la Mairie de Lyon, pendant que Véronique Sarselli piloterait la Métropole.

Pour ces maires, Aulas apporte la notoriété, l’image de « grand chef d’entreprise » et la capacité à parler aux milieux économiques, tandis que leur candidate LR offrirait une prise directe sur l’assemblée métropolitaine et les communes périphériques. Le montage est assumé: à lui la vitrine de l’Hôtel de Ville, à elle l’essentiel des leviers budgétaires et techniques.

Le calcul n’est pas seulement symbolique. Dans le modèle institutionnel lyonnais, la Métropole concentre les transports, l’aménagement, la politique sociale et le développement économique, avec un budget d’environ 4 milliards d’euros, bien supérieur à celui de la Ville de Lyon. Pour tout candidat à la mairie qui promet de transformer les mobilités, la sécurité ou le logement, ne pas contrôler la Métropole revient à travailler en dépendance étroite avec un autre exécutif.

Jean Michel Aulas, qui s’est déjà lancé dans la course municipale avec le soutien du « bloc central » (droite, centre et macronistes) sait parfaitement que ses priorités de campagne transports en commun, police métropolitaine, économie relèvent d’abord de la Métropole rapporte Le Monde. D’où l’importance stratégique, pour lui comme pour ces maires, de clarifier rapidement l’attelage. Pour l’instant, l’intéressé se contente d’indiquer que « des discussions sont en cours ».

Une fronde ancienne contre la gouvernance verte

Le texte des 30 maires ne surgit pas de nulle part. Dès 2021, une fronde d’édiles de la Métropole s’était déjà organisée contre l’exécutif écologiste, à travers une tribune signée par 44 maires dénonçant une gouvernance jugée « dogmatique et verticale ».

Plusieurs des signataires de l’époque se retrouvent aujourd’hui dans le camp Sarselli Aulas.
Le conflit ne porte pas seulement sur les symboles verts. Les maires reprochent à Bruno Bernard sa manière de conduire les grands dossiers de mobilité, de voirie ou d’urbanisme, sans concertation suffisante à leurs yeux. Le blocage du SCOT fin 2024, finalement adopté en mars 2025 après médiation préfectorale, a illustré ces tensions entre impératifs écologiques forts et inquiétudes des communes sur la densification et la maîtrise du foncier.
Du côté écologiste, la riposte consiste à revendiquer une cohérence d’ensemble: ZTL dans l’hypercentre, limitation de l’artificialisation, tarification sociale des transports, adaptation au changement climatique. Grégory Doucet et Bruno Bernard défendent un modèle de transformation rapide, qu’ils présentent comme une nouvelle étape après le métro ou le tramway, déjà contestés à leur lancement.

C’est précisément ce modèle que les 30 maires contestent. En plaidant pour une « écologie des solutions et non des punitions », ils cherchent à capter un électorat lassé des travaux et des restrictions de circulation, sans apparaître pour autant comme anti écolo. Le message est calibré pour l’électorat périurbain motorisé, très sensible aux questions de stationnement et de temps de trajet.

Un rapport de forces encore ouvert

Politiquement, cette prise de position clarifie le camp de la droite et du centre dans la Métropole: Villes de l’ouest aisé, communes pavillonnaires de l’est, bastions plus populaires comme Saint Priest ou Grigny se retrouvent derrière une stratégie commune. Elle donne aussi à Véronique Sarselli un socle territorial concret, au delà de son étiquette LR.

Mais le rapport de forces global reste loin d’être figé. Côté écologiste, la majorité sortante dispose encore d’un appareil organisé, d’un réseau militant et d’un bilan mis en scène autour de la transition écologique et sociale. Côté Aulas, les sondages publiés cet automne le donnent très haut sur la ville de Lyon, parfois en situation de quasi victoire au premier tour, ce qui peut inciter son équipe à négocier en position de force pour la Métropole.

Reste enfin la question des autres forces: socialistes, insoumis, macronistes lyonnais non encore ralliés, collectifs citoyens. La configuration de 2026 ne sera pas la copie de 2020, et chaque bloc teste ses marges de manoeuvre. Le tandem Sarselli Aulas, s’il se concrétise, aura au moins le mérite de rendre lisible l’offre de droite: un partage des rôles assumé entre prestige municipal et pouvoir métropolitain.

D’ici là, les 30 maires auront l’occasion de peser à chaque étape: débats sur les mobilités, mises en oeuvre du SCOT, arbitrages budgétaires. Leur message du 13 novembre sonne comme un avertissement: la campagne 2026 se jouera autant dans les conseils municipaux de Francheville, Bron ou Décines que dans les meetings de centre ville.

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