Qualifiée après son 4-0 contre l’Ukraine, l’équipe de France se projette déjà sur la Coupe du monde 2026: tirage au sort du 5 décembre à Washington, camp de base aux États-Unis, tournée de mars face au Brésil et aux USA, nouveau format à 48 équipes et ultime défi pour Didier Deschamps.
Jeudi soir au Parc des Princes, la victoire 4-0 contre l’Ukraine a fait plus que valider un simple billet pour la Coupe du monde 2026. Elle a acté une bascule: à partir de maintenant, tout ce que fera l’équipe de France sera lu à travers le prisme du Mondial nord-américain.
Dans une soirée marquée par les hommages au 13-Novembre, les Bleus ont contrôlé leur sujet, avec un doublé de Kylian Mbappé, un but de Michael Olise et un autre d’Hugo Ekitike. Au coup de sifflet final, l’ambiance a glissé vers l’Amérique: « L’Amérique » de Joe Dassin, puis des morceaux comme « New York » ou « Empire State of Mind » ont accompagné le tour d’honneur, clin d’œil clair au pays hôte de la finale, prévue au MetLife Stadium, près de New York, le 19 juillet 2026.
Sportivement, la France est dans son rôle. Elle vient d’enchaîner un 28e match sans défaite en éliminatoires Euro/Mondial et s’est qualifiée en tête du groupe D, devant l’Ukraine, l’Islande et l’Azerbaïdjan. Le vrai sujet n’est plus de savoir si les Bleus seront au rendez-vous, mais jusqu’où ils doivent viser.
Mbappé et Deschamps assument l’objectif: gagner, pas seulement exister
« Si l’objectif, c’est une demi-finale, on fait quoi ? On va en demie et on rentre ? Non, l’objectif c’est de gagner. » La phrase de Kylian Mbappé, lancée après le succès contre l’Ukraine, pose clairement le cadre: le capitaine n’a aucune envie d’habiller la prudence.
Le contexte lui donne un poids particulier. En marquant un doublé jeudi, Mbappé a atteint la barre symbolique des 400 buts en carrière, devenant selon les statistiques compilées par plusieurs médias le plus jeune joueur à franchir ce cap, toutes compétitions et clubs-sélection confondus. Quand il réclame que la France assume son statut de candidate au titre, ce n’est plus seulement une déclaration d’intention, c’est la parole d’un joueur déjà placé dans la même catégorie statistique que les plus grands.
Didier Deschamps ne dégonfle pas cette ambition, mais il nuance la façon de l’aborder. Le sélectionneur rappelle que le Mondial 2026 change d’échelle: 48 équipes, 104 matches, des déplacements sur trois pays et trois fuseaux horaires, avec des conditions climatiques parfois lourdes sur certaines villes américaines. Son discours est clair: « On a le devoir de faire en sorte d’aller le plus loin possible. On va tout faire pour », mais il insiste en interne sur la nécessité de gérer l’usure et les temps de récupération dans un tournoi allongé.
Dans ce duo, les rôles sont distribués: au capitaine, le récit offensif et assumé du « on veut gagner »; au sélectionneur, la construction méthodique de la route pour arriver, ou au moins approcher, de ce sommet. D’autant que, selon plusieurs sources concordantes, 2026 devrait être sa dernière campagne à la tête des Bleus.
Un tirage au sort clé à Washington pour un Mondial hors norme
La Coupe du monde 2026 se jouera du 11 juin au 19 juillet au Canada, aux États-Unis et au Mexique, avec pour la première fois 48 équipes et 16 villes hôtes, de Vancouver à Miami en passant par Mexico, Dallas ou New York. La finale est déjà calée: MetLife Stadium, dans la banlieue new-yorkaise, le 19 juillet.
Le premier rendez-vous concret pour les Bleus aura lieu le 5 décembre 2025, au John F. Kennedy Center for the Performing Arts, à Washington. C’est là que la FIFA organisera le tirage au sort de la phase finale, en répartissant les 48 qualifiés dans 12 groupes de 4. Didier Deschamps, Guy Stéphan et le président Philippe Diallo feront le déplacement, avec une idée précise: sortir de la salle en sachant rapidement sur quelle « zone » et quels axes de déplacement ils devront bâtir le programme.
Sur le plan du classement FIFA, la France terminera l’année sur le podium: deuxième en septembre avant d’être doublée par l’Argentine en octobre, elle pointe désormais au troisième rang derrière l’Espagne et l’Albiceleste. Ce rang lui garantit un statut de tête de série pour le tirage, ce qui lui évitera d’affronter d’autres mastodontes du premier chapeau dès la phase de groupes. Mais le chapeau 2 reste très dense: plusieurs grandes nations européennes et sud-américaines pourraient tomber d’entrée sur la route des Bleus.
Le nouveau format change aussi la nature du risque. Avec 12 groupes et 32 qualifiés pour les seizièmes de finale, une grosse équipe peut se relever d’un faux pas initial. En revanche, l’usure physique et mentale sera plus forte qu’en 2022, avec un match à élimination directe supplémentaire et la nécessité de voyager au sein d’un continent entier. Pour une sélection qui vient d’enchaîner une finale de Mondial et un quart d’Euro, la gestion des temps faibles sera aussi stratégique que le niveau de jeu affiché les bons soirs.
Camp de base aux États-Unis et tournée de mars pour “prendre ses marques”
En coulisses, le staff tricolore a déjà basculé sur la logistique. La FIFA a proposé 65 camps de base potentiels aux sélections qualifiées; le staff français travaille sur une shortlist, avec une priorité claire donnée à une implantation sur le sol américain, dans une zone permettant de limiter les heures de vol entre les matches. L’idée est de combiner hôtel moderne, terrains d’entraînement de haut niveau et environnement propice au travail, sans tomber dans le piège de l’isolement total.
La décision finale devra être communiquée à la FIFA au plus tard le 9 janvier, une fois le tirage digéré et les villes hôtes connues pour la phase de groupes. L’équipe de France sait déjà qu’elle peut, dans certains scénarios, être amenée à jouer un match au Mexique ou au Canada, mais la zone Est américaine reste le scénario le plus probable et le plus confortable, compte tenu du fuseau horaire et des liaisons aériennes.
Avant même de s’installer durablement, les Bleus ont prévu de se tester en conditions réelles. Selon beIN Sports et plusieurs médias spécialisés, une tournée de mars aux États-Unis est dans les tuyaux, avec un match contre la sélection américaine et surtout une affiche de prestige face au Brésil, à Boston, le 28 mars. Ces rencontres amicales, programmées sur la côte Est, doivent servir à la fois de vitrine commerciale et de laboratoire technique pour apprivoiser les terrains, les voyages et le décalage horaire.
D’autres matches de préparation sont évoqués pour début juin, toujours en Amérique du Nord, juste avant le coup d’envoi du tournoi. L’objectif serait alors d’arriver au Mondial avec des automatismes rodés dans le même environnement climatique et logistique que la compétition elle-même, plutôt que de débarquer au dernier moment après une tournée européenne classique.
Dernier grand rendez-vous pour Deschamps, transition pour une génération
En toile de fond, la Coupe du monde 2026 ressemble à la dernière mission de Didier Deschamps avec les Bleus. Plusieurs sources, dont Reuters, évoquent ce Mondial comme sa « dernière campagne », après plus d’une décennie passée à la tête de la sélection, avec un titre mondial en 2018 et deux finales perdues (Euro 2016 et Mondial 2022).
Pour le sélectionneur, l’enjeu ne se résume pas à un troisième podium consécutif en Coupe du monde. Il s’agit aussi de transmettre un héritage solide: une équipe capable de rester au sommet après lui, autour d’un Mbappé qui aura alors passé les 400 buts en carrière et d’une génération déjà habituée à enchaîner les très grands rendez-vous.
Les prochains mois, entre fin de qualifications, tirage à Washington, tournée américaine et choix du camp de base, vont donc compter autant que les sept matches éventuels du Mondial. La qualification acquise face à l’Ukraine a seulement fermé la première page. Le véritable récit, celui de l’Amérique du Nord, commence maintenant.
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