À sept minutes du terme, l’arbitre a mis fin, dimanche 14 décembre, à la rencontre de Régionale 3 entre Biganos et Eymet, sur le bassin d’Arcachon. Motif invoqué par les officiels: des propos racistes entendus depuis le public local. Les deux clubs condamnent et attendent désormais la décision des instances.
L’interruption est intervenue à la 74e minute alors que Biganos menait 50-35. Dans un communiqué publié dans la soirée, l’AS Eymet Rugby a affirmé que des « propos racistes » avaient été « clairement identifiés et entendus, provenant de Biganos », justifiant la décision de l’arbitre et du délégué d’arrêter le match avant son terme. Le club périgourdin dit son « choc » et sa « tolérance zéro » face à ces comportements, qu’il juge incompatibles avec « l’esprit du rugby ».
Le club boïen a de son côté pris acte de l’arrêt de la rencontre et condamné « sans réserve » toute parole discriminatoire. Employant le conditionnel, Biganos Rugby XV se désolidarise de propos qui « ne sauraient en aucun cas représenter [le] club » et explique que la partie s’est déroulée « dans un climat tendu », avec de multiples interventions disciplinaires. Le communiqué précise que l’arrêt du match a été décidé pour « préserver l’intégrité des joueurs et le cadre réglementaire ».
L’épisode s’est produit dans un contexte déjà crispé par une succession de sanctions et un public chauffé à blanc. Eymet assure que des insultes répétées ont émaillé l’après-midi bien au-delà de la rivalité sportive, point de vue partagé par plusieurs témoins cités par le club périgourdin. Biganos, de son côté, dit « faire pleinement confiance » aux instances compétentes pour « analyser l’ensemble des faits avec objectivité ». Les deux équipes indiquent avoir saisi les autorités sportives et se déclarent prêtes à respecter les suites disciplinaires.
La diffusion de l’information a rapidement dépassé le cadre local. Des médias régionaux et des pages spécialisées rugby ont relayé l’arrêt de la rencontre et les condamnations fermes des deux camps, en insistant sur la nécessité d’un traitement ferme des débordements racistes autour des terrains amateurs. Un fil d’actualité de « Sud Ouest – Rugby » mentionne ainsi un « match arrêté après des insultes racistes », renvoyant à un article consacré à l’incident.
Sur le plan sportif et réglementaire, la procédure est désormais classique: l’arbitre et le délégué transmettent leur rapport aux instances territoriales, qui convoquent les parties et peuvent prononcer un éventail de sanctions, depuis le match à rejouer jusqu’au match perdu sur tapis vert, assorti le cas échéant d’amendes et de mesures de huis clos partiels ou totaux. En attendant, Eymet insiste sur « le traumatisme » ressenti par ses joueurs et son staff, quand Biganos répète « ne tolérer ni les insultes ni le racisme ». Tous deux remercient leurs soutiens et appellent au respect « sur et autour » du terrain.
Le dossier prend place dans une saison où les championnats territoriaux (dont la Régionale 3 au sein des compétitions amateur FFR) tirent une large partie de leur vitalité d’un public de proximité. Les clubs rappellent que ce soutien doit rester compatible avec le cadre déontologique du rugby et les textes répressifs, y compris lorsque l’intensité de la rencontre s’emballe. Dans l’attente de la décision de la commission compétente, les deux formations martèlent le même message: « respect des personnes, respect du jeu ». Les éléments matériels (rapports, éventuels témoignages, et enregistrements si disponibles) structureront la suite administrative.
