Le papillomavirus humain (HPV) est l’une des infections sexuellement transmissibles les plus fréquentes. Hautement contagieux, il se transmet lors des relations sexuelles par simple contact cutané ou muqueux, sans qu’une pénétration soit nécessaire. En France, les infections persistantes à HPV sont responsables de plus de 6 000 cas de cancers chaque année, chez les femmes comme chez les hommes.
Il existe près de 200 types de papillomavirus humains, dont plusieurs dizaines peuvent être transmis par voie sexuelle. Les zones principalement concernées sont les muqueuses génitales, anales et buccales. Selon les données de santé publique, environ 80 % des femmes et des hommes sont exposés au HPV au cours de leur vie. Dans la majorité des cas, le système immunitaire élimine spontanément le virus. Toutefois, certaines infections persistent et peuvent, plusieurs années plus tard, évoluer vers des lésions précancéreuses ou des cancers.
À ce jour, il n’existe aucun traitement permettant d’éliminer le virus lui-même. La prévention repose donc essentiellement sur la vaccination, qui permet de réduire fortement le risque d’infection par les types de HPV les plus dangereux. Les vaccins actuellement utilisés en France protègent contre neuf types de HPV responsables de la majorité des cancers du col de l’utérus, mais aussi d’autres cancers, notamment de l’anus, du pénis, de la cavité orale, de l’oropharynx et des amygdales. Ils permettent également de prévenir les condylomes, communément appelés verrues génitales.
Les autorités sanitaires recommandent la vaccination des filles et des garçons entre 11 et 14 ans, avec un schéma à deux doses. Une vaccination reste possible entre 15 et 19 ans, selon un schéma à trois doses. Le vaccin a une efficacité préventive : il ne traite pas une infection déjà présente mais protège contre celles qui pourraient survenir ultérieurement. C’est la raison pour laquelle il est recommandé de vacciner avant le début de la vie sexuelle, afin d’optimiser la protection.
À l’échelle internationale, plus de 100 millions d’enfants et d’adolescents ont déjà été vaccinés contre le HPV. Selon l’Institut national du cancer, les données issues des systèmes de surveillance et des études menées dans de nombreux pays confirment le bon profil de sécurité de ces vaccins, reconnu par l’Organisation mondiale de la santé. Aucune preuve scientifique n’a établi de lien entre la vaccination contre le HPV et la survenue de maladies auto-immunes. Dans les pays où la couverture vaccinale est élevée, comme l’Australie, une baisse significative des lésions précancéreuses et de certains cancers liés au HPV a été observée.
Depuis la rentrée 2023, la vaccination contre le HPV est proposée directement dans les collèges aux élèves de classe de 5e, sous réserve de l’accord parental. Cette campagne, gratuite, vise à faciliter l’accès à la vaccination et à améliorer la couverture vaccinale d’une même classe d’âge. En centralisant l’organisation au sein des établissements scolaires, les autorités sanitaires espèrent réduire durablement la circulation du virus et, à terme, le nombre de cancers associés en France.
