La France divise par plus de deux sa contribution au Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme. Selon des informations obtenues par franceinfo ce jeudi 12 février 2026, l’État français va réduire sa participation de 58 %, passant d’une enveloppe de 1,6 milliard d’euros pour la période 2022-2025 à 660 millions d’euros pour 2026-2028. Une baisse drastique de près d’un milliard d’euros, qui marque un tournant dans l’engagement de la France, jusqu’alors deuxième contributeur mondial derrière les États-Unis.
Des finances publiques en tension
Le gouvernement justifie cette décision par la dégradation des finances publiques, qui ne permettrait plus de maintenir un niveau de contribution aussi élevé. « La France reste engagée dans la lutte contre ces maladies, mais nos moyens sont désormais limités », indique une source proche du dossier. Cette réduction intervient alors que le pays avait historiquement joué un rôle clé dans le financement de la santé mondiale, aux côtés des États-Unis, dont la contribution avait déjà été réduite sous l’administration Trump.
Un coup dur pour le Fonds mondial
Créé en 2002, le Fonds mondial estime avoir sauvé 70 millions de vies en 25 ans grâce à ses programmes. « Ce sont des vies qui sont en jeu », alertent les ONG, dont Médecins du Monde, qui craignent l’arrêt brutal de programmes essentiels de lutte contre le VIH, la tuberculose et le paludisme. « Certains de nos projets pourraient s’arrêter du jour au lendemain, faute de financement », explique un responsable de l’association.
Une baisse généralisée de l’aide publique au développement
Cette décision s’inscrit dans un contexte plus large de réduction des aides publiques au développement (APD). Le budget 2026 prévoit une baisse de 800 millions d’euros par rapport à 2025, portant l’enveloppe totale à 3,6 milliards d’euros – soit une diminution de 18 % sur un an, et de 38 % par rapport à 2024. « Cette tendance menace directement les populations les plus vulnérables », dénoncent les acteurs humanitaires.
Quelles conséquences pour la santé mondiale ?
Avec le désengagement partiel de la France et des États-Unis, le Fonds mondial perd deux de ses principaux soutiens. « Cela risque d’affaiblir considérablement les efforts internationaux contre ces épidémies », souligne un expert. Les ONG appellent désormais à une mobilisation urgente des autres pays donateurs pour combler ce déficit.
