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Couples séparés, même toit: quand la crise du logement piège les ex

par Rédaction Figures Publiques

Faute de logements disponibles et abordables, de plus en plus de couples séparés restent sous le même toit, parfois dans une ambiance toxique. Un phénomène qui illustre l’ampleur du mal logement en France, entre marché saturé, loyers élevés et pénurie de solutions pour les familles.

Dans les grandes villes, se séparer ne signifie plus forcément partir. Faute de logements disponibles et abordables, des couples rompus continuent à partager le même appartement, parfois pendant des mois. Un huis clos qui peut vite devenir toxique, comme en témoignent plusieurs personnes interrogées par 20 Minutes, parlant de climat « malsain », de tensions permanentes et d’enfants pris au milieu d’une situation invivable.

Crise du logement, mal logés et cohabitations subies

Le phénomène ne tombe pas du ciel. En Ile de France, la Fondation pour le logement des défavorisés estime que 1,3 million de personnes sont en situation de mal logement, et près de 3 millions en grande fragilité vis à vis de leur habitat. Au total, un tiers des 12,3 millions d’habitants de la région rencontrent des difficultés de logement.

À l’échelle nationale, la Fondation Abbé Pierre évalue à 4,2 millions le nombre de personnes mal logées ou privées de logement personnel et à 12,1 millions celles fragilisées par la crise du logement. La demande de logement social y est quatre à cinq fois supérieure à l’offre disponible chaque année. Dans ce contexte, une rupture conjugale ne divise pas seulement un foyer en deux, elle divise aussi la capacité à se loger: deux loyers à assumer, deux cautions, deux dossiers à faire accepter sur un marché saturé.

Résultat: de plus en plus d’ex conjoints se retrouvent à « cohabiter contraints ». Des reportages et enquêtes menés ces derniers mois, de TF1 à la presse locale, décrivent des ex époux ou ex compagnons continuant à partager la même adresse, faute de solution, parfois en faisant chambre à part, parfois en organisant des roulements d’occupation.

Pour les couples avec enfants, la situation est encore plus délicate. Certains parents acceptent de rester ensemble sous le même toit pour éviter un déracinement scolaire ou parce qu’aucun des deux ne peut financer seul un logement adapté à la garde des enfants. D’autres sont coincés par les délais d’attribution d’un logement social, par des fins de droits, ou par la hausse des loyers dans le parc privé.

La crise du logement, elle, se durcit: le nombre d’expulsions forcées a atteint un niveau record en 2024, avec plus de 24 500 ménages concernés, soit une hausse de 51 % par rapport à 2019. Les rapports successifs sur le mal logement décrivent une « bombe sociale » qui explose: marchés tendus, logements sociaux insuffisants, loyers en hausse, pouvoir d’achat en berne.

Le vivre ensemble après la rupture n’est pas toujours un choix réfléchi ou une nouvelle forme de famille recomposée. Dans bien des cas, c’est un symptôme parmi d’autres d’une crise du logement qui oblige à rester là où l’on ne veut plus être, avec des conséquences directes sur la santé mentale, les conflits familiaux et la capacité à tourner la page.

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