lundi 16 mars 2026

Alimentation : trop de polluants persistent malgré des progrès, alerte l’Anses

par Rédaction Figures Publiques
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Les aliments que nous consommons quotidiennement contiennent encore trop de polluants, malgré une amélioration notable en 15 ans, révèle une étude de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), publiée ce jeudi 12 février 2026. Cette troisième édition de l’Étude de l’Alimentation Totale (EAT3) a analysé plus de 250 substances chimiques présentes dans notre alimentation, confirmant que l’exposition à certains contaminants reste préoccupante pour une partie de la population.

Des progrès inégaux selon les substances

L’Anses note une baisse globale des concentrations pour plusieurs polluants, comme l’acrylamide (un composé cancérogène formé lors de la cuisson à haute température), l’aluminium, le cadmium ou le plomb. « On observe une diminution significative de l’exposition au plomb, notamment grâce aux politiques publiques », souligne l’agence, avec une réduction de 27 % chez les enfants et de 49 % chez les adultes depuis la dernière enquête. « Cela montre l’efficacité des mesures comme l’interdiction du plomb dans l’essence, les canalisations ou les peintures », précise-t-elle.

Cependant, cette tendance positive ne concerne pas tous les aliments. Certains produits, comme le pain, les biscuits sucrés, les viennoiseries ou les pâtes, voient leur teneur en aluminium, cadmium et plomb augmenter, contribuant ainsi à une exposition persistante des consommateurs. « Ces aliments, souvent peu nutritifs, cumulent contaminants et faible intérêt nutritionnel », souligne l’Anses, contrairement aux légumes, dont la consommation reste bénéfique malgré une légère hausse de certains polluants.

Le méthylmercure dans les poissons : un risque à surveiller

Pour le méthylmercure – la forme la plus toxique du mercure, présente dans les poissons –, les niveaux de contamination restent stables par rapport à la précédente étude. « Malgré ce constat, la consommation de poisson conserve un intérêt nutritionnel majeur », rappelle l’Anses, qui recommande de varier les espèces et de limiter la consommation à deux portions par semaine, dont une de poisson gras.

L’acrylamide : des avancées, mais une vigilance nécessaire

L’agence constate une diminution des concentrations d’acrylamide dans certains aliments, comme le café, où ce composé n’est désormais plus détecté. « Les efforts des industriels et des pouvoirs publics portent leurs fruits », estime-t-elle. Pourtant, « l’exposition globale reste trop élevée », et l’Anses appelle à poursuivre les actions pour réduire davantage la présence de ce polluant dans l’alimentation.

Une méthodologie rigoureuse pour des résultats fiables

Pour réaliser cette étude, l’Anses a collecté des échantillons dans divers points de vente (supermarchés, marchés), avant de les préparer « de manière représentative de la consommation réelle » et de les analyser en laboratoire. Cette troisième édition de l’EAT s’inscrit dans la continuité des précédentes, menées entre 2001-2005 (39 substances analysées), 2006-2011 (445 substances) et 2010-2016 (étude spécifique aux enfants de moins de 3 ans, avec 670 substances recherchées).

Un appel à renforcer les efforts

Malgré les progrès enregistrés, l’Anses insiste sur la nécessité de poursuivre les actions pour réduire l’exposition aux contaminants. « Les autorités et les industriels doivent maintenir leurs efforts », conclut-elle, rappelant que « la sécurité sanitaire des aliments reste un enjeu majeur de santé publique ».

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