Condamnée à 1 500 euros d’amende avec sursis et 2 000 euros de dommages et intérêts, l’ancienne députée macroniste Sira Sylla est reconnue coupable de diffamation pour une série de tweets visant un ex-collaborateur, sur fond de contentieux prud’homal déjà perdu.
L’ancienne députée macroniste de Seine-Maritime, Sira Sylla, a été condamnée le mardi 2 décembre 2025 par le tribunal correctionnel de Rouen pour diffamation envers l’un de ses anciens assistants parlementaires. La juridiction lui a infligé une amende de 1 500 euros avec sursis, présentée par les juges comme un avertissement, et l’a condamnée à verser 2 000 euros de dommages et intérêts au plaignant pour le préjudice moral subi, détaille Paris Normandie.
À l’origine de cette procédure, une série de messages publiés en 2023 sur le réseau X (ex-Twitter). Dans neuf tweets diffusés le 27 juillet 2023, Sira Sylla mettait en cause son ancien collaborateur, l’accusant notamment de « profiter de l’argent public ». Sur l’un des clichés, on le voyait attablé en terrasse, avec ce commentaire l’accusant implicitement de se faire payer des consommations « aux frais du contribuable », alors qu’il ne travaillait déjà plus pour elle et n’était pas en arrêt de travail, rappelle Paris Normandie, citée par le site Faitsdivers365.
Ce dossier pénal s’inscrit dans un conflit ancien entre l’ex-députée et son collaborateur. Après son licenciement, ce dernier avait saisi la justice prud’homale pour harcèlement moral et licenciement abusif. Le conseil de prud’hommes de Rouen, puis la cour d’appel, lui ont donné raison en 2022, condamnant Sira Sylla à lui verser environ 80 000 euros d’indemnités, comme l’avaient rapporté actu.fr, l’Agence Anadolu et Le Monde à l’époque.
L’ancienne élue avait contesté ces décisions jusqu’en cassation, sans succès. Parallèlement, une autre procédure pénale pour harcèlement moral et travail dissimulé, introduite par le même collaborateur, demeure en cours d’instruction. Ces nouvelles condamnations – d’abord au civil, puis au pénal – prolongent ainsi une séquence judiciaire qui pèse désormais lourd dans le parcours politique de l’ex-députée de la 4e circonscription de Seine-Maritime, déjà mise en cause pour ses pratiques managériales à l’Assemblée, comme l’avaient documenté plusieurs enquêtes de presse.
Pour les juges rouennais, les publications de 2023 dépassaient le cadre d’une critique politique ou d’un désaccord professionnel pour porter atteinte à l’honneur et à la considération de l’intéressé. La condamnation pour diffamation, même assortie d’un sursis, vient rappeler les limites posées par le droit de la presse et par le code pénal à l’usage des réseaux sociaux par des responsables publics, y compris lorsqu’ils ne sont plus en fonction.
Crédit photo : Sira Sylla via Facebook
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