Plusieurs milliers de personnes ont manifesté samedi dans les rues de Saint-Gaudens pour s’opposer à la fermeture du site industriel de Fibre Excellence. Le cortège, parti sous une pluie battante, a rassemblé environ 3 000 participants selon les estimations de la CGT. Cette mobilisation fait suite à l’annonce d’une possible cessation de paiement d’ici le 15 mars, menaçant 300 emplois directs sur le site haut-garonnais et près de 400 au total avec les fonctions supports, sans compter l’impact sur la filière bois régionale.
Le rassemblement a affiché une unité politique rare autour de la défense du bassin d’emploi du Comminges. La présidente de la région Occitanie, Carole Delga, était présente aux côtés des représentants syndicaux de la Filpac-CGT et de responsables du Parti communiste français (PCF), dont Pierre Lacaze. Parallèlement, des cadres locaux du Rassemblement National (RN), menés par Julien Leonardelli, ont également rejoint le mouvement. Tous les acteurs locaux s’accordent sur l’urgence d’une intervention de l’État pour préserver ce pôle industriel stratégique pour la filière bois-papier.
Au cœur du dossier financier, la question du coût de l’énergie et des tarifs de rachat de l’électricité produite par l’usine reste le levier principal de négociation. Le maire de Saint-Gaudens, Jean-Yves Duclos, ainsi que les représentants du personnel, interpellent le Premier ministre pour une revalorisation de ces contrats de production énergétique. Selon les syndicats, une telle décision permettrait de compenser la hausse du prix des matières premières et la fragilité du cours mondial de la pâte à papier.
Face à cette pression territoriale, le gouvernement a réagi par la voix de son ministre délégué chargé de l’Industrie. Lors d’une séance de questions au gouvernement au Sénat, ce dernier a affirmé que les services de l’État étaient intervenus directement auprès de l’actionnaire pour exiger des garanties sur la pérennité du site. Le ministère assure étudier « tous les angles » pour éviter la fermeture. La suite du dossier dépend désormais de l’issue des discussions entre la direction du groupe, l’actionnaire et les services de Matignon.
