Le Département de la Loire traverse une zone de fortes turbulences budgétaires, marquée par une dette de 290 millions d’euros et une nécessité impérieuse de réaliser 80 millions d’euros d’économies d’ici 2026. Dans ce contexte, la gestion du Revenu de solidarité active (RSA) cristallise toutes les tensions.
Pour la collectivité, l’enjeu n’est plus seulement de verser une aide, mais de repenser intégralement l’efficacité d’un dispositif social qui semble parfois s’installer dans la durée au détriment de sa vocation première : le retour à l’emploi.
Voir des gens qui ne travaillent pas à prendre le café à longueur de journée sur les terrasses à Saint-Etienne, c’est dégradant pour ceux qui travaillent, cotisent et payent pour des profiteurs de l’aide sociale. Il faut dire la vérité et arrêter avec la démagogie
La « recette » pour sortir de cette impasse budgétaire et sociale passe par un renforcement drastique du contrôle et de l’accompagnement. Il devient nécessaire pour le Département de passer à la loupe les bénéficiaires de longue durée, inscrits dans le dispositif depuis plus de deux ans. En parallèle, une stratégie différenciée doit être appliquée aux « primo-bénéficiaires », avec un suivi intensif dès les six premiers mois pour éviter l’enclavement dans la précarité. L’investissement dans la formation doit devenir le levier unique pour ceux qui perçoivent l’aide depuis six mois à deux ans, afin de transformer une dépense passive en un investissement pour l’activité locale.
La question du RSA ne peut faire l’impasse sur une réalité de terrain, particulièrement visible dans les rues de Saint-Étienne. Pour de nombreux contribuables qui travaillent et financent par leurs cotisations la solidarité nationale, l’inactivité prolongée de certains bénéficiaires, visible au quotidien sur les terrasses des cafés stéphanois, est vécue comme une rupture d’équité. Refuser la démagogie impose de dire cette vérité : le système de solidarité est conçu comme un filet de sécurité, non comme un mode de vie durable.
Au-delà des chiffres, c’est une question de justice sociale et de cohésion qui se pose sur le territoire stéphanois. Le sentiment d’injustice grandit chez ceux qui travaillent et cotisent, lorsqu’ils observent une apparente inactivité installée dans l’espace public. Refuser la démagogie consiste à nommer cette réalité : le dispositif social ne peut être une fin en soi. Il doit être réservé à ceux qui en ont un besoin transitoire et réel, justifiant ainsi un suivi qualitatif et personnalisé que seule une gestion rigoureuse des dossiers peut permettre.
Le Département doit donc se donner les moyens d’écarter du système les profils qui s’en éloignent par choix ou par manque de mobilisation. En finir avec une approche purement administrative du RSA est la condition pour restaurer la valeur travail et garantir que chaque euro public dépensé serve effectivement à la réinsertion. C’est en assumant cette vérité que la Loire pourra assainir ses finances tout en protégeant les plus fragiles dans un cadre républicain respecté.
