Après avoir interdit la consommation de protoxyde d’azote sur le domaine public, la Ville de Nancy étend sa réglementation à la vente, avec contrôles à l’appui. Une réponse locale à un phénomène en hausse, particulièrement chez les jeunes.
La Ville de Nancy durcit sa réglementation sur le protoxyde d’azote, souvent présenté comme « gaz hilarant » mais dont l’usage détourné inquiète de plus en plus les autorités sanitaires. Après avoir interdit dès 2022 la consommation de ce gaz sur le domaine public, la municipalité a décidé, lors du conseil municipal du 17 novembre 2025, d’interdire également sa vente sur l’espace public nancéien. Cette décision vient compléter le cadre posé par la loi du 1er juin 2021, qui encadre déjà la vente de protoxyde d’azote à l’échelle nationale.
Un arrêté municipal plus strict
Jusqu’à présent, l’arrêté municipal se concentrait sur la consommation du produit dans l’espace public. Désormais, il précise trois volets. La consommation de protoxyde d’azote reste interdite sur l’ensemble du domaine public nancéien. La vente est à son tour proscrite sur ce même domaine public, à l’exception des usages strictement professionnels autorisés par la loi nationale. Enfin, la Ville annonce la mise en place de contrôles ciblés pour vérifier le respect de ces règles.
Dans les faits, la mesure vise les ventes de rue, les commerces qui écoulent des cartouches à proximité des lieux festifs et les points de vente mobiles. Les usages professionnels en restauration, dans le secteur médical ou dans certaines activités industrielles restent possibles, dans le cadre légal déjà existant. Ce qui disparaît, en revanche, ce sont les ventes directes aux particuliers sur l’espace public.
Un risque de santé publique, surtout chez les jeunes
La Ville s’appuie sur les alertes répétées de l’Agence régionale de santé. L’ARS rappelle que l’inhalation de protoxyde d’azote peut provoquer asphyxie par manque d’oxygène, perte de connaissance, brûlures liées au froid du gaz, perte du réflexe de toux avec risque de fausse route, mais aussi désorientation, vertiges et chutes. À plus long terme, l’usage répété peut entraîner des troubles neurologiques sérieux.
Les autorités constatent que ce sont surtout des publics jeunes qui sont touchés, avec des scènes d’inhalation dans la rue, les parcs ou aux abords des établissements festifs. Pour la municipalité, il ne s’agit donc pas seulement d’un problème d’ordre public, mais d’une question de santé publique à part entière.
Interdiction et prévention vont de pair
La décision municipale s’inscrit dans un travail déjà engagé avec la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives et le département d’addictologie du CPN de Nancy. Des actions de sensibilisation ont été déployées dans les établissements scolaires et via des campagnes de communication, afin d’expliquer les risques d’un produit souvent perçu, à tort, comme festif et anodin.
Avec cet arrêté renforcé, la Ville de Nancy assume un double message. D’un côté, un cadre plus ferme sur l’espace public, avec un outil supplémentaire pour les services de police municipale et nationale. De l’autre, la volonté de poursuivre un travail de fond auprès des jeunes, des familles et des acteurs de la nuit pour faire reculer les usages à risque.
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