En visite à Bessey, la préfète de la Loire, Muriel Nguyen, a échangé avec la Coopération des Balcons du Mont Pilat sur la souveraineté alimentaire, l’assurance récolte, le plan PARSADA et l’avenir des vergers de pommes ligériens.
À Bessey, sur les coteaux du Pilat, la préfète de la Loire, Muriel Nguyen, est venue échanger avec les arboriculteurs de la Coopération des Balcons du Mont Pilat. Cette structure, née à la fin des années 1980, regroupe aujourd’hui une dizaine d’exploitations et plus de 200 hectares de vergers, avec une production de plusieurs milliers de tonnes de pommes commercialisées sous les marques Balcons du Mont Pilat, Pilat Terroir ou Rosée du Pilat.
Pour l’État, cette visite s’inscrit dans une série de déplacements consacrés à l’agriculture ligérienne. Dès la rentrée, Muriel Nguyen avait déjà été reçue sur plusieurs exploitations pour prendre la mesure, sur le terrain, des difficultés liées aux aléas climatiques, aux coûts de production et aux tensions sur les revenus agricoles. À Bessey, le même fil conducteur est revenu dans les échanges : souveraineté alimentaire, modernisation des vergers, hausse du coût de l’assurance récolte et pression de la concurrence, en France comme à l’international.
Les arboriculteurs ont insisté sur la fréquence des épisodes de gel, de grêle ou de sécheresse qui fragilisent la filière. La préfète a rappelé le cadre national de la réforme de l’assurance récolte, issue de la loi du 2 mars 2022, qui a remplacé progressivement l’ancien régime des calamités agricoles par un dispositif mixte combinant assurance privée subventionnée et solidarité nationale pour les aléas climatiques majeurs. Sur le terrain, les producteurs soulignent cependant la difficulté à supporter le coût des primes dans un contexte de marges déjà comprimées.
Autre point central : la protection des cultures et l’avenir des produits phytosanitaires. Les échanges ont permis de revenir sur le plan d’action stratégique PARSADA, piloté au niveau national, qui vise à anticiper le retrait européen de certaines substances actives en finançant des solutions alternatives opérationnelles avant leur interdiction. Les arboriculteurs du Pilat, déjà engagés depuis longtemps dans une agriculture plus respectueuse des sols et de la biodiversité, ont alerté sur le décalage entre les exigences réglementaires et la disponibilité réelle de techniques de substitution efficaces dans les vergers de montagne.
La question des prix et des débouchés n’a pas été éludée. Les représentants de la filière ont évoqué l’application des lois EGALIM, censées rééquilibrer les relations commerciales entre producteurs, industriels et grande distribution en partant du coût des matières premières agricoles et en limitant certaines promotions. Sur le papier, ces textes doivent mieux protéger la rémunération des agriculteurs. Dans les faits, plusieurs rapports parlementaires ont déjà souligné les difficultés de mise en œuvre et le manque de transparence sur les marges, ce que les arboriculteurs du Pilat constatent eux aussi lorsqu’ils négocient avec les centrales d’achat.
Enfin, les sujets très locaux sont revenus au premier plan : sécurisation de l’irrigation, gestion de la ressource en eau en période de tension, besoin de main-d’œuvre qualifiée et enjeux de formation pour attirer et maintenir des jeunes dans la filière fruits. La préfète a conclu la rencontre en réaffirmant la volonté de l’État d’accompagner les arboriculteurs dans ces transitions, tout en s’appuyant sur une filière déjà structurée et identifiée comme un marqueur de l’identité ligérienne.
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