La Ville de Paris a obtenu la condamnation de deux propriétaires à des amendes record (81.500 euros et 150.000 euros) pour locations illégales sur Airbnb. À Marseille, deux multipropriétaires ont écopé d’amendes de 171.000 euros et 53.500 euros pour l’exploitation irrégulière de 23 meublés touristiques. Ces décisions, rendues en février 2026, marquent un durcissement de la lutte contre la spéculation immobilière.
À Paris, le tribunal judiciaire a condamné, les 26 janvier et 4 février 2026, une SCI propriétaire d’un deux-pièces dans le 9e arrondissement et un couple propriétaire d’un deux-pièces à Montmartre. Les deux logements étaient loués illégalement sur Airbnb, sans être des résidences principales. La SCI a écopé d’une amende de 81.500 euros, et le couple de 75.000 euros chacun, soit un total de 150.000 euros. Le propriétaire du 9e arrondissement, qui avait refusé de retirer son annonce malgré la procédure, doit en outre cesser toute location Airbnb et remettre le logement en usage d’habitation, sous peine d’une astreinte de 1.000 euros par jour.
À Marseille, le tribunal judiciaire a condamné, le 2 février 2026, deux multipropriétaires pour l’exploitation irrégulière de 23 meublés touristiques dans le centre-ville. Les amendes s’élèvent à 171.000 euros et 53.500 euros. Le juge a ordonné le retour de ces logements à un usage d’habitation, une décision saluée par la mairie comme une « étape importante pour la protection du logement ».
Ces condamnations interviennent après l’adoption de la loi Echaniz-Le Meur en novembre 2024, qui renforce la régulation des meublés touristiques. À Paris, l’amende maximale est passée de 50.000 euros à des montants inédits, visant à dissuader les propriétaires de transformer des logements en locations touristiques illégales. À Marseille, où 13.000 meublés touristiques sont recensés (dont la moitié illégaux selon la mairie), la pression sur le parc immobilier est particulièrement forte, avec un million de nuitées annuelles.
Barbara Gomes, conseillère en charge de l’encadrement des loyers à la mairie de Paris, a déclaré : « C’est terminé, l’impunité. On ne peut plus faire de Airbnb illégal. Il faut que les délinquants soient sévèrement sanctionnés, à la hauteur du préjudice pour les habitants ». À Marseille, le maire Benoît Payan a salué des décisions qui « invitent les multipropriétaires persistant à contourner la loi par cupidité à mettre un terme à ce commerce illégal ».
