Un sondage publié par Lyon Capitale montre que 52 % des Lyonnais placent la sécurité au premier rang de leurs préoccupations pour les municipales de 2026, devant la lutte contre le trafic de drogue. Un déplacement des priorités qui fragilise les écologistes et ouvre un espace aux candidats très offensifs sur l’ordre public.
À quatre mois des municipales, le message envoyé par les Lyonnais est clair. Selon un sondage publié par Lyon Capitale, 52 % des personnes interrogées citent la sécurité comme enjeu déterminant du scrutin, devant la lutte contre le trafic de drogue, qui arrive juste derrière à 44 %. L’écologie, moteur de la vague verte de 2020, a visiblement perdu son statut de priorité absolue.
La sécurité devant l’environnement et les autres thèmes
En 2020, les marches pour le climat remplissaient les rues et portaient les listes écologistes jusqu’à la mairie centrale et à la métropole. Cinq ans plus tard, le centre de gravité du débat s’est déplacé. Le sondage de Lyon Capitale montre que les attentes se concentrent désormais sur l’insécurité quotidienne, les points de deal, les violences et les incivilités, bien avant les sujets de transition écologique.
La lutte contre le trafic de drogue, citée par 44 % du panel, confirme que les Lyonnais ne se contentent pas d’un discours général sur la tranquillité publique. Les affaires régulières de stupéfiants à la Guillotière, à Vénissieux ou dans certains quartiers du 8e alimentent depuis plusieurs années un sentiment de lassitude et de défiance.
Grégory Doucet a bougé ses lignes, sans convaincre
Au début du mandat, Grégory Doucet avait renvoyé la sécurité du côté de l’Etat, en insistant sur le fait que la police nationale restait la colonne vertébrale de la réponse pénale et répressive. Depuis 2023, le maire de Lyon a infléchi son discours: mises en avant de la police municipale, prises de position plus fermes après des faits divers, condamnation explicite des violences contre les forces de l’ordre.
Le dossier de la vidéosurveillance illustre ce virage. Là où les écologistes doutaient de son utilité en 2020, la ville a fini par commander de nouveaux équipements et accepter une montée en puissance de ces outils, sous la pression conjuguée de l’Etat, de l’opinion et des oppositions.
Pour autant, le sondage publié par Lyon Capitale suggère que ce repositionnement n’a pas retourné l’opinion. La sécurité reste perçue comme un point faible du bilan, et les écologistes se retrouvent sur un terrain où ils partent avec un handicap d’image, au moment même où leur socle environnemental est moins mobilisateur qu’en 2020.
Un terrain favorable à Jean Michel Aulas et à la droite
Dans ce contexte, la hiérarchie des priorités joue objectivement en faveur des candidatures qui placent la sécurité au premier rang de leur programme. Les enquêtes d’opinion publiées ces dernières semaines donnent Jean Michel Aulas largement en tête au premier tour, avec un positionnement appuyé sur les questions d’ordre public et un projet d’« hôtel des polices » rassemblant plusieurs services sur un même site.
Pour la droite lyonnaise, longtemps fracturée, le marqueur sécuritaire constitue un point d’ancrage simple, lisible, capable de parler à la fois aux électeurs traditionnels et à une partie de l’électorat exaspéré par les désordres du quotidien. À l’inverse, la majorité écologiste doit désormais démontrer qu’elle peut conjuguer transition écologique et réponse crédible aux préoccupations de sécurité, sans apparaître comme contrainte d’embrasser un agenda qui n’est pas le sien.
Un enjeu municipal et métropolitain
Le sondage de Lyon Capitale vient confirmer ce qu’indiquaient déjà d’autres études menées sur le « climat municipal » dans la ville: la sécurité, la propreté, l’urbanisme et les mobilités forment un bloc de préoccupations très concret, qui pèse lourd dans le jugement porté sur le mandat Doucet.
Avec des municipales et des métropolitaines organisées le même jour, les 15 et 22 mars 2026, les candidats ne pourront pas esquiver ce terrain. Qu’ils viennent de l’écologie, de la gauche, de la droite ou de la société civile, ils devront dire précisément comment ils comptent répondre à une demande de sécurité qui s’impose aujourd’hui comme la grille de lecture principale d’une partie des électeurs lyonnais.
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