La municipalité de Metz (Moselle) a déposé plainte contre le groupuscule d’extrême droite Aurora Lorraine, a révélé le Républicain lorrain ce lundi. Le maire François Grosdidier (divers droite) a également lancé des poursuites personnelles pour diffamation, après une campagne persistante d’affiches à caractère raciste et islamophobe visant directement sa personne. Ces collages, apparus dès mars sur les murs de la ville, rebaptisaient l’édile « Grosvendu » et l’accusaient d’être complice de l’« islamisation » de Metz.
Les affiches, qui caricaturent le maire en fidèle musulman ou mettent en scène la future grande mosquée de Metz avec la mention « le nouveau Metz financé par vos impôts », s’inscrivent dans une stratégie assumée de provocation et de communication du groupe identitaire, qui revendique une trentaine de membres et se dit prêt à « combattre sous toutes ses formes ». Outre le maire, l’adjoint à la culture Patrick Thill a aussi été pris pour cible : un membre d’Aurora Lorraine vient d’être jugé pour l’avoir agressé verbalement.
Les actions du groupuscule s’inscrivent en réaction au projet de construction d’une grande mosquée à Metz, régulièrement présenté par ses opposants comme un symbole d’« ingérence étrangère » et de « plan d’entrisme islamiste ». Face à la multiplication des outrages publics, la mairie, visée par une campagne hostile mêlant diffamation et incitations à la haine, a opté pour une réponse judiciaire systématique. Les suites pénales dépendront des procédures en cours et des enquêtes diligentées par le parquet.
